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Jardins associatifs urbains et villes durables

Colloque Franco-Américain

15-17 juin 2016 - Paris - France

Colloque Franco-Américain
Jardinage collectif, montée des déséquilibres alimentaires et politiques urbaines

Les jardins collectifs : des outils de développement durable qui ne produisent pas tous les effets que l’on devrait en attendre

Du point de vue de la mixité sociale

Lorsqu’ils sont bien utilisés (ce qui est loin d’être toujours le cas), les jardins collectifs sont des outils efficaces de gestion urbaine de proximité. Des modes participatifs de création et d’animation de ces jardins favorisent l’appropriation de l’habitat et permettent en particulier de responsabiliser les habitants des quartiers défavorisés à l’usage des espaces extérieurs. La présence de jardiniers est un facteur de sécurisation de ces espaces. Par ailleurs, le jardinage collectif favorise l’apprentissage de l’autonomie au quotidien ainsi que l’échange et la solidarité, que ce soit entre générations ou entre voisins. Enfin, la pratique d’une même activité productrice sur un même lieu contribue à la reconnaissance mutuelle et facilite la cohabitation entre groupes d’origines culturelles différentes.

Malheureusement, faute de méthodes adaptées, trop d’équipements de jardinage collectif n’ont pas les effets socialisants qu’on est en droit d’attendre. En particulier les diverses évaluations menées par le PADES pour des collectivités locales et pour l’État ont permis de mettre en évidence une inégalité d’accès aux équipements de jardinage collectif, inégalité qui pénalise les ménages les plus fragiles.

Comme le souligne également le rapport rédigé par Plein Sens pour le CGET « si la création technique d’un jardin est un sujet bien balisé et « capitalisé », le maniement de ce levier de cohésion paraît reposer sur des pratiques locales empiriques, isolées, et non consolidées ; il n’est d’ailleurs pas souvent « maîtrisé » ».

Du point de vue de la santé/nutrition

Lorsqu’ils sont bien utilisés grâce à une animation appropriée, les jardins collectifs peuvent être un outil de promotion de la santé. Des évaluations menées tant en France par le PADES qu’aux États Unis (Litt et Alaimo) montrent que, l’accès à une parcelle cultivable peut favoriser une amélioration des pratiques alimentaires des jardiniers et de leurs proches. Ce point est d’autant plus important que l’on assiste actuellement à une rapide montée des déséquilibres alimentaires, laquelle a fait l’objet de mises en gardes alarmistes de la part de l’OMS et du Ministère de la Santé. Il y a quelques années déjà, lors de son audition par la mission de la prévention de l’obésité de l’Assemblée Nationale, M. Laurent Degos, président de la Haute Autorité de Santé, a déclaré que : « seuls les pays qui auront su maîtriser l’épidémie d’obésité pourront préserver leur système de protection sociale. ». Cet avertissement a été confirmé en 2015 par une récente étude de l’OMS qui montre que l’Europe va être confrontée à une grave épidémie d’obésité qui affecte tout particulièrement les ménages en difficulté sociale et économique. Ce sont ceux qui sont le plus exposés aux difficultés d’intégration sociale qui sont aussi les plus exposés aux déséquilibres alimentaires et aux pathologies (obésité, diabète, accidents coronariens etc.) qui en découlent et compromettent, parfois dès l’enfance, leurs chances d’intégration sociale et professionnelle.

Par contre, on a vu que, pour le moment, les méthodes d’animation des jardins collectifs mises en œuvre dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville peinent à intégrer les ménages fragiles. Par ailleurs, la fonction alimentaire du jardinage collectif est trop négligée tant par les promoteurs de ces jardins que par les opérateurs de leur animation, les uns et les autres étant centrés quasi exclusivement sur la thématique du « lien social ». Du point de vue de la promotion de la santé il en résulte une sous-utilisation des équipements de jardinage collectif créés ces dernières années sur les territoires prioritaires de la politique de la ville, alors que la montée des déséquilibres alimentaires et de leurs conséquences compromet à terme l’intégration sociale d’un nombre croissant des habitants de ces quartiers.

Il faut donc engager une réflexion collective sur les conditions d’efficacité sociale et sanitaire des jardins collectifs.

Déficit de mixité sociale, insuffisante prise en compte des enjeux Santé/Nutrition des territoires fragiles : une clarification, voire un renouvellement des méthodes de création et d’animation est indispensable pour favoriser l’accès des publics socialement fragiles aux équipements de jardinage collectif et pour favoriser une amélioration de leurs pratiques alimentaires.

L’organisation d’un colloque a pour objectif d’enrichir et consolider les méthodes des acteurs en comparant les pratiques de création et d’animation des jardins collectifs en France et aux États-Unis. Si nous choisissons d’organiser un échange avec des acteurs de ce pays, c’est qu’ils ont, hélas, une génération d’avance pour ce qui est de la montée des déséquilibres alimentaires, de l’obésité et du  diabète. Mais ils se sont aussi engagés plus tôt que les Français dans un renouvellement des méthodes de jardinage collectif pour intégrer les ménages vulnérables et lutter contre les déséquilibres alimentaires affectant les habitants des territoires défavorisés.

Réunir des acteurs innovants, français et américains, pour réfléchir ensemble aux démarches susceptibles de donner leur pleine efficacité sociale et alimentaire aux opérations de création de jardins collectifs, serait un moyen pour combler le déficit de méthode qui obère l’efficacité de cet outil. Si rien ne peut être transposé à l’identique, des échanges sur les politiques urbaines de jardinage collectif, sur les méthodes mises en œuvre et sur l’évaluation de leur efficacité seraient très utiles.

Pouvoir consacrer trois journées à comparer ce qui marche et ne marche pas et les démarches qui permettent d’évaluer et d’améliorer les pratiques, permettrait aux uns et aux autres de gagner en efficacité et d’améliorer les projets en cours, ne serait-ce qu’en évitant aux porteurs de projets de répéter des erreurs déjà faites par d’autres.

Par ailleurs cette rencontre peut fournir l’occasion d’établir ou renforcer des liens entre acteurs :

 - Amorce d’un réseau entre acteurs français et américains (échanges d’informations, visites etc.). Ce réseau pourrait ensuite être étendu (via URBACT par exemple) à des acteurs d’autres pays ou villes d’Europe (il se fait actuellement des choses très intéressantes en Espagne et en Grèce).

- Échanges entre des porteurs de projet français parfois souvent dispersés et isolés. Les opérateurs associatifs ont rarement l’occasion de discuter librement avec des élus ou des bailleurs.

 

Deux questions principales :

Le colloque n’a pas un objectif scientifique mais pragmatique ; les échanges visent d’abord à permettre aux participants de mieux appréhender les conditions et les méthodes d’une action plus efficace : Comment progresser ?

- Comment faire pour que les jardins soient accessibles à ceux qui en ont le plus besoin ?

- Comment faire pour que le jardin soit réellement un support d’amélioration des pratiques

alimentaires ?

Démarche envisagée : Présentation des démarches innovantes mises en œuvre ; analyse des limites et difficultés rencontrées ; réflexion sur les conditions d’efficacité.

Url : http://www.padesautoproduction.net/Documents/PADES-Colloque_jardins_FR-US_prog2.pdf

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