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Exposition de la population française aux principaux facteurs de risque de cancer ou de protection

Les données d'exposition de la population française aux différents facteurs nutritionnels sont prises en compte pour définir les objectifs de prévention nutritionnelle des cancers. Sont présentées ici les données concernant les facteurs nutritionnels considérés comme pertinents pour la population française. Lorsque l’information est disponible, ces données sont détaillées en fonction de l'âge, du sexe ou du statut socio-économique.

Les données d’exposition de la population française présentées ici sont extraites du rapport « Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données » publié par l’Institut National du Cancer (INCa) en juin 2015. Ce rapport a été réalisé par un groupe d’experts en nutrition et cancer, membres du réseau NACRe, réunis par l’INCa. La méthodologie et le document final ont été validés et le document final par un comité de suivi piloté par l’INCa et constitué d’institutions partenaires : Direction générale de la santé (DGS), Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) et Institut de veille sanitaire (InVS) [1]

Les facteurs nutritionnels présentés sont les principaux facteurs augmentant ou diminuant le risque de cancer auxquels est exposée la population française. Ils font l'objet d’objectifs et de conseils clés de l’INCa pour la prévention primaire des cancers.

 

Pour en savoir plus : objectifs prioritaires pour la prévention nutritionnelle des cancers

SOMMAIRE

1. Exposition aux principaux facteurs augmentant le risque de cancers en France

2. Exposition aux principaux facteurs réduisant le risque de cancers en France

3. Références

1. Exposition aux principaux facteurs augmentant le risque de cancers en France

Consommation d'alcool (boissons alcoolisées)

La consommation d’alcool diminue depuis les années 1960, essentiellement en lien avec la diminution de la consommation de vin. En 2015, elle est estimée d’après les données de ventes à 11,9 litres d’alcool pur par habitant de 15 ans et plus (l’équivalent d’environ 2,5 verres standard par jour). Le vin est l’alcool le plus consommé, devant les spiritueux et la bière (figure 1) [2].
Toutefois, la France reste l’un des pays les plus consommateurs d’alcool au monde et des pays de l’Union européenne même si elle ne se situe plus en tête du classement.

Figure 1 : Consommation d'alcool sur le territoire français en litres d'alcool pur par habitant âgé de 15 ans et plus (1961-2015)

Consommation d'alcool sur le territoire français en litres d'alcool pur par habitant âgé de 15 ans et plus (1961-2015)

Source : Organisation mondiale de la santé entre 1961 et 1989, groupe IDA de 1990 à 1999, Insee de 2000 à 2015

Les comportements de consommation d’alcool sont très différents selon l’âge et le sexe. Parmi les 18-75 ans, la consommation est plus importante chez les hommes, ceux-ci étant trois fois plus nombreux à être des buveurs quotidiens (hommes : 15 % ; femmes : 5 %) et près de deux fois plus nombreux à consommer de l’alcool au moins une fois par semaine (hommes : 63 % ; femmes : 36 %). La consommation quotidienne d’alcool augmente fortement avec l’âge pour les deux sexes : rare avant 25 ans (1 %), elle concerne un quart des individus au-delà de 65 ans. On observe un profil de jeunes adultes ayant une consommation excessive et ponctuelle les conduisant plus souvent à l’ivresse, et un profil d’adultes plus âgés ayant une consommation importante et régulière [3].

La consommation de boissons alcoolisées varie selon la situation socioprofessionnelle. Chez les hommes, les agriculteurs ont un usage régulier d’alcool (au moins 3 consommations par semaine au cours de l’année) plus fréquent que les autres catégories, alors que chez les femmes, la consommation est aussi régulière chez les agricultrices que chez les artisanes/commerçantes ou les cadres. Concernant le niveau de diplôme, la consommation régulière d’alcool est plus fréquente chez les hommes les moins diplômés et, à l’inverse, chez les femmes les plus diplômées [4].

La consommation d'alcool est généralement estimée en nombre de verres par jour. Cette estimation est le reflet d'une consommation moyenne calculée par rapport aux déclarations des sujets inclus dans les études. Le verre standard est normalisé et correspond à environ 10 g d'éthanol pur quelle que soit la boisson alcoolisée consommée :

alcool verre standard

Surcharge pondérale (poids et obésité)

La surcharge pondérale qui regroupe le surpoids et l’obésité est généralement estimée par l’indice de masse corporelle (IMC), indicateur calculé par le rapport poids (kg)/taille² (m²).

 

Principales catégories d’IMC et correspondance en poids pour deux exemples de taille chez l’adulte

 

Principales catégories d'IMC (kg/m²)

Poids (en kg) pour deux exemples de taille

1,65 m

1,75 m

Poids insuffisant

IMC < 18,5

poids < 50

poids < 56

Poids normal

18,5 ≤ IMC < 25

50 ≤ poids < 68

56 ≤ poids < 76

Surcharge pondérale

Surpoids

25 ≤ IMC < 30

68 ≤ poids < 81

76 ≤ poids < 91

Obésité

IMC ≥ 30

poids ≥ 81

poids ≥ 91

L’adiposité abdominale (mesurée par le tour de taille ou par le rapport tour de taille/tour de hanches) est un autre indicateur utilisé pour caractériser la corpulence.

 

Adiposité abdominale et risque de complication métabolique, d’après l’Organisation mondiale de la santé [5]

 

Indicateurs

Seuils à risque pour l’adiposité abdominale

Risque de complication métabolique

Tour de taille

≥ 94 cm (homme)
≥ 80 cm (femme)

Accru

≥ 102 cm (homme)
≥ 88 cm (femme)

Considérablement accru

Rapport tour de taille/tour de hanches

> 1,0 (homme)
> 0,85 (femme)

Considérablement accru

La surcharge pondérale a augmenté depuis les années 1990 dans la population adulte vivant en France, et cette progression a été encore plus notable pour l’obésité. Une tendance récente au ralentissement de l’augmentation de la prévalence de l’obésité est observée, mais reste à confirmer [6]. Actuellement, d’après les enquêtes reposant sur des données de poids et taille mesurées, près de la moitié des adultes sont en surcharge pondérale, parmi lesquels 32 % sont en surpoids et près de 17 % obèses [6, 7]. La prévalence du surpoids est plus élevée chez les hommes que chez les femmes alors que celle de l’obésité est sensiblement identique pour les deux sexes. Les prévalences du surpoids et de l’obésité augmentent fortement avec l’âge [6, 7].

Des différences socioéconomiques et régionales existent. La prévalence de l’obésité est inversement proportionnelle au niveau des revenus du foyer et au niveau d’instruction. Les agriculteurs, ouvriers et artisans présentent les prévalences les plus élevées et les cadres et professions intermédiaires les plus faibles. Le Nord et l’Est de la France sont les régions où la prévalence de l’obésité est la plus élevée [7].

Consommation de viandes rouges et charcuteries

Les viandes rouges, dans les études épidémiologiques correspondent généralement à l’ensemble des viandes de boucherie : viandes de bœuf, de porc, de veau, d’agneau, de cheval et autres types de viandes (mouton, chèvre…). Elles peuvent selon les études inclure ou non la part de ces viandes présentes dans les plats et salades composés, les sandwichs/burgers/friands.

 

Les charcuteries correspondent aux viandes conservées par fumaison, séchage, salage. Elles incluent celles qui sont consommées seules (y compris le jambon), et peuvent selon les études inclure celles contenues dans les plats et salades composés, les sandwichs, les tartes salées… Dans les études anglo-saxonnes, les charcuteries sont englobées dans une catégorie plus large nommées « viandes transformées » incluant également les viandes en conserve.

D’après les données de l’étude INCA2 [8], en 2006, la moyenne de consommation de viandes rouges* chez les adultes vivant en France est de 370 g par semaine, soit 53 g/jour. Elle est plus importante chez les hommes (460 g par semaine) que chez les femmes (285 g par semaine). Un quart de la population consomme au moins 500 g de viandes rouges par semaine : 39 % des hommes et 13 % des femmes. La consommation moyenne de charcuteries est de 270 g par semaine (38 g/jour), 330 g chez les hommes et 215 g chez les femmes. Plus d’un quart de la population consomme au moins 50 g de charcuteries par jour.

La consommation de charcuteries, de viande porcine et de viande bovine est plus élevée au sein des catégories sociales les plus modestes (ouvriers, employés, agriculteurs, artisans et commerçants) par rapport aux catégories sociales les plus aisées (cadres, professions libérales, professions intermédiaires). De même, la consommation de charcuteries et de viande porcine est moindre lorsque le niveau de diplôme augmente [9].

*Dans l’étude INCA2, les « viandes rouges » incluent les viandes de bœuf, de veau, de porc, de mouton, d’agneau et de cheval consommées en tant que telles, ainsi que la part de ces viandes entrant dans la composition des plats composés (hachis-parmentier, couscous…), des sandwichs et burgers et des friands à la viande.

Consommation de sel et aliments salés

Les apports alimentaires en sel (chlorure de sodium) peuvent avoir plusieurs origines : la consommation de sel de table (ajout pendant la cuisson ou pendant le repas), d’aliments naturellement salés et d’aliments salés au cours de la transformation incluant la conservation par salaison. Si la consommation d’aliments conservés par salaison est importante dans certains pays tels que le Japon ou le Portugal, ce n’est pas le cas en Amérique du Nord et dans la plupart des pays d’Europe, notamment en France.

Il est recommandé de ne pas consommer plus de 6 g de sel par jour pour un adulte[10]. En France, chez les adultes, la moyenne des apports totaux en sel est estimée à 8,5 g/jour d’après l’étude ENNS [11]. Les hommes ont des apports supérieurs à ceux des femmes : 9,9 g/jour contre 7,1 g/jour. Deux tiers des hommes et un quart des femmes ont des apports supérieurs à 8 g/jour. Près d’un quart des hommes et 5 % des femmes ont des apports supérieurs à 12 g/jour. Ces fréquences ne varient pas avec l’âge chez les adultes. Les données de l’étude Nutrinet-Santé montrent qu’il n’existe pas de différence d’apports en sel en fonction du revenu du foyer. Les apports semblent plus élevés chez les agriculteurs [12].

Entre 1999 et 2007, les apports en sel de la population adulte, provenant des aliments (hors sel ajouté), ont diminué en moyenne de 5,2 % d’après l’étude INCA2 [8].

En France, on estime que le pain (et les biscottes), les charcuteries, les plats composés, les fromages, les soupes et bouillons, les pizzas, les quiches et les pâtisseries salées, la pâtisserie et les gâteaux, les sandwiches et les viennoiseries sont par ordre décroissant les principaux vecteurs de sel[8].

Consommation de compléments alimentaires à base de bêta-carotène

D'après la directive européenne 2002/46/CE, les compléments alimentaires sont « les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés, commercialisés sous forme de doses, à savoir les formes de présentation telles que les gélules, les pastilles, les comprimés, les pilules et autres formes similaires, ainsi que les sachets de poudre, les ampoules de liquide, les flacons munis d'un compte-gouttes et les autres formes analogues de préparations liquides ou en poudre destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité ».

 

Ils sont constitués d’un ou de plusieurs composés parmi lesquels peuvent figurer les vitamines, minéraux, extraits de végétaux, acides aminés ou acides gras.

 

Le bêta-carotène est un pigment de la famille des caroténoïdes, précurseur de la vitamine A.

 

En France, d’après l’arrêté du 6 mai 2006, la quantité de bêta-carotène apportée par les compléments alimentaires ne doit pas dépasser 800 µg d’équivalent rétinol par jour, c’est-à-dire  4,8 mg/jour de bêta-carotène (si l’on considère un facteur de conversion 1/6 pour le passage du rétinol alimentaire en vitamine A).

D’après l’enquête représentative de la population française INCA2 de 2006, près de 20 % des adultes français consomment au moins un complément alimentaire au cours de l’année précédente et un peu plus de 11 % au cours des sept jours de l’étude [8]. Les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à consommer des compléments alimentaires. La consommation augmente avec le niveau d’éducation et ce plus nettement chez les femmes.

Dans une étude publiée en 2013 sur près de 80 000 adultes français participant à la cohorte Nutrinet-Santé (75 % de femmes), 1,7 % consomment des compléments alimentaires à base de bêta-carotène. Cette proportion n’est pas plus faible chez les fumeurs (par rapport aux non-fumeurs ou ex-fumeurs) [13]. Cette étude, non représentative de la population française car basée sur une cohorte de volontaires, est la seule à présenter des données récentes spécifiques sur la consommation de compléments alimentaires à base de bêtacarotène.

2. Exposition aux principaux facteurs réduisant le risque de cancers en France

Activité physique

L’activité physique se définit par tout mouvement corporel produit par la contraction des muscles squelettiques entrainant une augmentation de la dépense énergétique supérieure à celle de la dépense de repos. L’activité physique au sens large inclut tous les mouvements effectués dans la vie quotidienne et ne se réduit pas à la seule pratique sportive, qu’elle soit de loisirs ou de compétition. Elle intègre également l’activité physique pratiquée dans le cadre de la vie professionnelle, de la vie courante (activités ménagères, jardinage…) ou des transports [14, 15].

 

L’activité physique est en général exprimée par son intensité en unité d’équivalent métabolique (MET), sachant qu’1 MET correspond à la dépense énergétique d’un individu au repos, assis (estimée à environ 1 kcal par kg de poids corporel par heure). Ainsi, différentes intensités d’activité physique sont définies [16] :

 

  • très faible intensité : 1 à 1,5 MET ;
  • faible intensité : 1,6 à moins de 3 MET ;
  • intensité modérée : 3 à moins de 6 MET ;
  • intensité forte (ou soutenue) : 6 MET et plus

Le niveau d’activité physique (bas, modéré, élevé) fait référence à la dépense énergétique totale d’une personne au cours d’une certaine période, déterminée par la combinaison de l’intensité, de la durée et de la fréquence des différents types d’activité physique pratiqués. La dépense énergétique totale est fréquemment exprimée en MET-heure/semaine.

 

La sédentarité, caractérisée par des activités d’intensité proche de la dépense énergétique de repos, c’est-à-dire d’intensité très faible (de 1 à 1,5 MET), est de plus en plus étudié. La sédentarité est distincte de l’inactivité physique qui représente le manque d’activité physique d’intensité au moins modérée (≥ 3 MET). Les études montrent que la sédentarité et l’inactivité physique joueraient un rôle indépendant sur la santé.

Selon les enquêtes déclaratives réalisées en population générale en France depuis 2005 [7], entre six et huit adultes sur 10 pratiquent un niveau d’activité physique équivalent aux recommandations internationales pour le maintien de la santé, à savoir au moins 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée par jour cinq jours par semaine. Cette proportion varie peu selon le sexe. En revanche, seuls entre trois et cinq adultes sur 10 ont un niveau élevé d’activité physique. Ce niveau est atteint par un plus grand nombre d’hommes que de femmes et d’individus ayant des professions « manuelles » (agriculteurs et ouvriers). La pratique d’une activité physique d’intensité élevée diminue en général avec l’âge chez les hommes tandis qu’elle est stable chez les femmes [7].

Concernant les activités sédentaires, les femmes passaient en moyenne en 2006 autant de temps devant la télévision que les hommes (environ 2 heures et 30 minutes par jour), mais moins devant un écran d’ordinateur dans le cadre des loisirs (49 min/jour contre 72 min/jour chez les hommes). La durée passée devant la télévision augmente avec l’âge dans les deux sexes contrairement au temps passé devant l’ordinateur qui diminue avec l’âge [8].

En France, la recommandation d’activité physique pour le maintien de la santé, diffusée dans le cadre du Programme national nutrition santé depuis 2001 [10], est de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes par jour (soit 210 min/semaine) d’activité physique d’intensité modérée, c’est-à-dire d’intensité au moins équivalente à celle de la marche rapide. Ce niveau minimum d’activité physique correspond à une dépense énergétique totale de 10,5 MET-heure/semaine.

Les recommandations internationales de l’Organisation mondiale de la santé [15] sont d’effectuer au minimum 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée au moins cinq jours par semaine (soit 150 min/semaine), ce qui correspond à une dépense énergétique totale minimale de 7,5 MET-heure/semaine, ou au moins 75 minutes d’activité physique d’intensité soutenue ou une combinaison équivalente d’activités d’intensité modérée et soutenue. Les activités peuvent être séquencées en périodes d’au moins 10 minutes. Il est également recommandé de pratiquer des activités de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine, en plus des activités d’endurance.

Consommation de fruits et légumes

Les fruits et légumes regroupent les fruits et les légumes frais, surgelés, en conserve, crus et cuits.
Les fruits n’incluent pas les noix, les graines et les fruits secs.
Les légumes n’incluent pas les pommes de terre ni les légumes secs.

En France, la consommation de fruits et légumes (potages et compotes inclus) des adultes est en moyenne de 373 g/jour [8]. Près de 60 % des adultes consomment moins de 5 portions de fruits et légumes par jour, ce qui est la recommandation nationale et internationale, soit environ 400 g/jour (la taille moyenne d’une portion de fruits et légumes étant de 80 g/jour). Un tiers des adultes sont des « petits consommateurs » : ils consomment moins de 3,5 portions par jour de fruits et légumes (280 g/jour) [7].

Si ces fréquences diffèrent relativement peu selon le sexe, elles varient très fortement selon l’âge (la consommation de fruits et légumes augmentant avec l’âge) ou selon la catégorie socioprofessionnelle (les retraités, les cadres et les agriculteurs en consommant plus que les inactifs, les ouvriers ou les artisans/commerçants) [7].

D’après les données individuelles de consommation disponibles, la faible consommation de fruits et légumes semble diminuer (en particulier celle des fruits) depuis le début des années 2000 excepté chez les jeunes adultes (18-24 ans) [7] ; des données récentes pourront confirmer ou non cette tendance.

Par ailleurs, chez les adultes en situation de précarité, d’après l’étude ABENA, la proportion des petits consommateurs atteint près de 84 % [17].

Consommation de fibres alimentaires

Les fibres alimentaires regroupent des polymères glucidiques (degré de polymérisation supérieur ou égal à 3) d’origine végétale, associés ou non dans la plante, à de la lignine ou à d’autres constituants non glucidiques (polyphénols, cires, saponines, cutine, phytates, phytostérols...) et des polymères glucidiques transformés (physiquement, enzymatiquement ou chimiquement) ou synthétiques. En outre, les fibres alimentaires ne sont ni digérées, ni absorbées dans l’intestin grêle.

 

Elles présentent au moins une des propriétés suivantes :

 

  • augmentation de la production des selles ;
  • stimulation de la fermentation colique ;
  • diminution de la cholestérolémie à jeun ;
  • diminution de la glycémie et/ou de l’insulinémie post-prandiale(s) (après le repas).

La moyenne de consommation de fibres de la population adulte en France est de 17,5 g/jour (19,2 g chez les hommes et 16 g chez les femmes) [8, 18]. Seuls 19,3 % des hommes et 8,3 % des femmes atteignent le seuil de 25 g/jour (minimum recommandé).

En dehors des différences entre hommes et femmes, les apports en fibres augmentent avec l’âge et le niveau d’éducation. Les aliments qui contribuent le plus à l’apport en fibres dans l’alimentation des Français sont le pain, les légumes et les fruits. Les légumes secs et les aliments complets (pain complet, pâtes complètes, riz complets…), bien que riches en fibres, sont assez peu consommés par les Français [8].

Consommation de produits laitiers

Tels que définis par le PNNS, les produits laitiers regroupent le lait et les boissons à base de lait, les yaourts, les petits suisses, les fromages blancs et les fromages (frais, affinés...)…

En 2006 en France, les adultes ont consommé environ 200 g/jour de produits laitiers (lait, ultra frais laitier et fromage) [8, 18].  

La consommation en produits laitiers correspond au repère du PNNS (« 3 par jour » chez les adultes) pour 29 % des adultes (31,1 % chez les hommes et 27,0 % chez les femmes). Un quart des hommes ont tendance à en consommer plus (les femmes : 16,6 %), tandis que les femmes sont plus nombreuses en proportion  (56 %) à avoir une consommation inférieure au repère du PNNS, que les hommes (44 %). La fréquence de consommation en produits laitiers en adéquation avec le repère du PNNS augmente avec l’âge chez les adultes [11].

La consommation de fromage ou de lait n’est pas influencée par le statut social. En revanche, la consommation des ultra frais laitiers (yaourts, fromage blanc…) est plus élevée chez les personnes ayant un revenu plus élevé [19]

Allaitement

En 2012, plus des deux tiers des nourrissons (69 %) en France reçoivent du lait maternel à la maternité (60 % de façon exclusive et 9 % en association avec des formules lactées). Dès l’âge de un mois, ils ne sont plus que la moitié (54 %) à être allaités et seulement 35 % de façon exclusive [20]. À trois mois, 39 % des enfants sont encore allaités (10 % de façon exclusive), à six mois, 25 % et à un an, seuls 9 % le sont toujours [21].

Le pourcentage de mères qui allaitent augmente notamment avec l’âge, un niveau d’études supérieur au baccalauréat, le fait d’être née à l’étranger ou de savoir que son conjoint a une perception positive de la femme qui allaite [20].

3. Références

Rapport INCa ''Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données'' 2015

[1] Institut National du Cancer. Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données. Boulogne-Billancourt : INCa ; 2015. Voir le rapport

[2] OFDT. Alcool : évolution des quantités consommées par habitant. Séries statistiques. OFDT, 2016. Disponible sur : <http://www.ofdt.fr/> (Consulté le 07.12.2016).

[3] Beck F, Richard J, Guignard R, Le Nézet O, Spilka S. Les niveaux d'usage des drogues en france en 2014. OFDT, Tendances, mars. 2015. Disponible sur : <http://www.ofdt.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[4] Beck F, Legleye S, Maillochon F, de Peretti G. La question du genre dans l'analyse des pratiques addictives à travers le Baromètre santé, France, 2005. BEH: Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire. 2009;10-11:90-3. Disponible sur : <http://www.invs.sante.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[5] WHO. Obesity: Preventing and Managing the Global Epidemic. Report of a WHO Consultation on Obesity. Geneva, World Health Organization. 2000. Disponible sur : <http://www.who.int/> (Consulté le 28.05.2015).

[6] INSERM, Kantar Health, Roche. Enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l'obésité (Obépi 2012). Roche, Neuilly-sur-Seine. 2012;60 p. Disponible sur : <http://www.roche.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[7] DREES. L’état de santé de la population en France - Suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique - Rapport 2011. 2011:340 p. Disponible sur : <http://www.drees.sante.gouv.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[8] Afssa. INCA2, Étude individuelle nationale des consommations alimentaires 2006-2007. Consommation alimentaire des Français. Maisons-Alfort : Afssa, 2009. Disponible sur : <http://www.anses.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[9] Raude J. La place de la viande dans le modèle alimentaire français. Cah Nutr Diet. 2008;43:1S19-1S28.

[10] PNNS. Programme National Nutrition Santé  2011-2015. Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé, 20 juillet 2011. Disponible sur : <http://www.sante.gouv.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[11] USEN. Étude nationale nutrition santé 2006 : Situation nutritionnelle en France en 2006 selon les indicateurs d’objectif et les repères du Programme national nutrition santé. Institut de veille sanitaire, Université de Paris 13, Conservatoire national des arts et métiers. 2007: 74 p. Disponible sur : <http://www.invs.sante.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[12] UREN. Etude Nutrinet-santé: cohorte pour l'étude des relations nutrition-santé, des comportements alimentaires et de leurs déterminants. Etat d'avancement et résultats préliminaires 18 mois après le lancement. Dossier de presse du 22 novembre 2010. Disponible sur : <http://info.etude-nutrinet-sante.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[13] Pouchieu C, Andreeva VA, Peneau S, Kesse-Guyot E, Lassale C, Hercberg S, et al. Sociodemographic, lifestyle and dietary correlates of dietary supplement use in a large sample of French adults: results from the NutriNet-Sante cohort study. Br J Nutr. 2013 Oct;110(8):1480-91.

Synthèse PNNS ''Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations'' NACRe, INCa, DGS 2009

[14] NACRe, INCa, DGS. Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations. Boulogne-Billancourt : INCa ; 2009. Voir la brochure

[15] OMS. Recommandations mondiales sur l'activité physique pour la santé. 2010. Disponible sur : <http://www.who.int/> (Consulté le 28.05.2015).

[16] Norton K, Norton L, Sadgrove D. Position statement on physical activity and exercise intensity terminology. J Sci Med Sport. 2010 Sep;13(5):496-502.

[17] Grange D, Castetbon K, Guibert G, Vernay M, Escalon H, Delannoy A, et al. Alimentation et état nutritionnel des bénéficiaires de l'aide alimentaire - Etude ABENA 2011-2012 et évolutions depuis 2004-2005 Observatoire régional de la santé Ile de France - Institut de Veille Sanitaire - Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé. 2013. Disponible sur : <http://www.inpes.sante.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[18] Castetbon K, Vernay M, Malon A, Salanave B, Deschamps V, Roudier C, et al. Dietary intake, physical activity and nutritional status in adults: the French nutrition and health survey (ENNS, 2006-2007). Br J Nutr. 2009 Sep;102(5):733-43.

[19] Recours F, Hebel P. Les populations modestes ont-elles une alimentation déséquilibrée ? Credoc, Cahier de recherche n° 232. Décembre 2006. Disponible sur : http://www.credoc.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[20] Salanave B, de Launay C, Guerrisi C, Castetbon K. Taux d’allaitement maternel à la maternité et au premier mois de l’enfant. Résultats de l’étude Épifane, France. Bull epidémio Hebd. 2012;34:383-87. Disponible sur : <http://www.invs.sante.fr/> (Consulté le 28.05.2015).

[21] Salanave B, de Launay C, Boudet-Berquier J, Castetbon K. Durée de l'allaitement maternel en France (EPIFANE 2012-2013). Bull epidémio Hebd. 2014;27:450-7. Disponible sur : <http://www.invs.sante.fr/> (Consulté le 28.05.2015).