Nouveaux concepts d'estimation des besoins en protéines et en énergie des veaux de boucheriedécembre 2011
© Photothèque | Inra Les objectifs des travaux ont été de réestimer les besoins en protéines et en énergie des veaux de boucherie, leur équilibre et leur évolution au cours de la période d’élevage et de caractériser la croissance des veaux de boucherie en fonction de la composition de l’aliment ingéré. L’influence de l’ingestion d’aliment solide désormais obligatoire pour le bien être des veaux sur la détermination de ces besoins a également été abordée. Le travail expérimental a consisté en la réalisation de trois essais faisant varier la teneur en protéines ou le niveau d’apport de l’aliment d’allaitement ou le niveau d’introduction et la nature de l’aliment solide. Les réponses des veaux de boucherie de race Prim’Holstein ont été caractérisées par la méthode des bilans en protéines et en énergie et la décomposition de la production de chaleur en chambre respiratoire. Au cours des trois essais, 116 bilans nutritionnels, complétés de mesures de production de chaleur au jeûne, ont été réalisés chez des veaux mâles dont le poids vif a varié de 60 à 265 kg. Les résultats indiquent que l’efficacité d’utilisation de l’azote digestible diminue lorsque les animaux vieillissent. De plus, le besoin protéique des veaux de plus de 200 kg est plus faible que celui estimé par les précédentes recommandations nutritionnelles. Une nouvelle équation a également été proposée pour le calcul des besoins énergétiques des veaux qui sont dissociés entre besoin d’entretien et besoin de production. Le besoin d’entretien est exprimé en fonction du poids métabolique calculé comme le poids vif à la puissance 0,85; cet exposant 0,85 diffère du coefficient 0,75 traditionnellement employé. De plus, le besoin énergétique d’entretien augmente avec l’ingestion d’énergie métabolisable (+ 0,29 kJ/kJ EM supplémentaire) mais n’est pas modifié par l’introduction d’aliment solide dans les rations des veaux. Le besoin de production est calculé en fonction du poids vif et du gain pondéral ; il tient compte des caractéristiques actuelles du gain pondéral des veaux et est plus faible que celui calculé par les précédentes équations. L’efficacité d’utilisation de l’EM de l'aliment d'allaitement pour l’entretien et la croissance est de 84 % et elle n’est pas affectée par la teneur en protéines ou le niveau d’ingestion de l’aliment d’allaitement. En revanche, l’efficacité calculée pour l’aliment solide est plus faible et dépend de la teneur en fibres de l’aliment solide comme pour les jeunes bovins plus âgés en croissance. Ces résultats permettent de proposer de nouvelles recommandations pour les besoins protéiques et énergétiques du veau de boucherie selon de nouvelles approches (diminution des recommandations allant jusqu’à 20 %). Ils permettent également de déterminer les lois de réponse du gain de poids et de sa composition aux apports de protéines et d’énergie. Ces lois de réponse ont été regroupées dans un modèle de croissance pour le veau de boucherie permettant l’évaluation des pratiques alimentaires.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
E. LABUSSIERE
Tél : 02 23 48 50 61 e-mail: Etienne.Labussiere@rennes.inra.fr
SOURCE: Labussière, E. 2008. Besoins protéiques et énergétiques du veau de boucherie mâle de race Prim’Holstein. Thèse d’Agrocampus Ouest, Rennes.218 p.
Rédaction :
Sylvie André
Date de création : 27 Janvier 2012 Contact :
E. LABUSSIERE
Tél : 02 23 48 50 61 e-mail: Etienne.Labussiere@rennes.inra.fr |