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Dernière mise à jour : Mai 2018

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AgriBEA-Bien-Etre-Animal

Réseau Agri Bien-Etre Animal

(AgriBEA)

Lettre n° 14 - Septembre 2002

Au sommaire : 1. Compte rendu du séminaire du 25 septembre 2002, à l'INA PG, Paris " l'hédonisme et l'anhédonisme " organisé par Alain Boissy 2. Rapport de mission: 2nd International Workshop "Assessment of animal welfare at farm and group level" 4-6 Septembre, Bristol (UK) 3. Ouvertures de postes 4. A vos agendas!

Compte rendu du séminaire du 25 septembre 2002, à l'INA PG, Paris " l'hédonisme et l'anhédonisme " organisé par Alain Boissy

Alors que le bien-être animal est devenu un objet d'étude à part entière, la mesure des émotions est très peu prise en considération chez les animaux d'élevage. En outre, lorsque les émotions sont appréhendées chez l'animal, ce sont surtout les émotions négatives. Le plaisir, voire la recherche du plaisir, est très peu abordé chez les animaux et encore plus rarement chez les animaux d'élevage. Pourtant, le bien-être est un concept plus large que la simple absence de stress. D'où l'idée de faire un tour d'horizon des aspects historico-philosophiques, cliniques et théoriques des émotions positives.

L'objectif du séminaire était de prendre connaissance des différentes approches, du type de travaux réalisés, d'identifier des analogies avec les approches réalisées sur l'homme et les animaux de laboratoire, le tout dans le but de chercher à introduire les notions de plaisir ou au contraire de perte du plaisir dans les recherches sur le bien-être des animaux en élevage.

Ce séminaire a réuni 46 personnes, principalement du réseau AGRIBEA.

France Bellisle (Inserm, Paris) a présenté un exposé de sur les plaisirs et les aversions alimentaires chez l'homme. Le plaisir dépend à la fois des stimuli sensoriels provenant de l'environnement et des stimuli internes qui signalent le besoin. Le goût de l'aliment dépend de l'intégration des signaux émanant des différents systèmes sensoriels extéroceptifs, alors que le goût pour l'aliment dépend à la fois de ces afférences sensorielles et de l'état de besoin relatif. Des réflexes innés (réflexes gusto-faciaux) suggèrent que chez l'homme le goût sucré serait agréable avant toute expérience alimentaire alors que l'amertume serait aversive. Plus généralement, l'expérience permet à l'individu de se constituer une hiérarchie de préférences et d'aversions alimentaires apprises : les aversions sont apprises lorsque l'ingestion d'un aliment est suivie d'un malaise digestif impliquant souvent la nausée ; par contre, lorsque la consommation de l'aliment est suivie de sensations agréables de satiété, une préférence se développe pour les qualités sensorielles de cet aliment. L'aversion alimentaire est apprise en une fois et perdure souvent plusieurs années, alors que les préférences sont apprises par la répétition de l'association entre caractéristiques oro-sensorielles des aliments et conséquences post-ingestives favorables. Quant au dégoût, il relève d'un mécanisme différent de l'aversion. Il s'agit d'une émotion provoquée par un aliment qui n'a jamais été consommé mais que le consommateur potentiel imagine comme contaminant et impropre à la consommation. Le dégoût concerne souvent des substances d'origine animale. C'est une attitude acquise par l'enfant vers l'âge de 4 ans, lorsqu'il commence à choisir ses aliments et doit apprendre que certains objets de l'environnement (saletés, excréments, insectes…) sont impropres à la consommation.

Arnaud Aubert (Université Fr. Rabelais, Tours) a abordé la mesure du plaisir chez l'animal. L'évaluation de l'hédonie pose de nombreux problèmes chez l'animal et se réduit essentiellement au plaisir sensoriel. Les travaux font le plus généralement appel à la consommation de sources alimentaires appétantes (généralement au goût sucré ou vanillé). Partant de l'axiome selon lequel on veut ce que l'on aime, les méthodes les plus couramment utilisées mesurent la consommation totale ou relative (préférence) du produit testé. Si de telles méthodes ont l'avantage d'un faible coût et d'une facilité de mise en œuvre, elles se révèlent par contre sensibles à de nombreuses sources d'interférences qui limitent l'analyse des processus hédoniques chez l'animal. Une alternative est de s'affranchir des quantités ingérées pour se focaliser sur les modifications d'expression oro-faciale des sujets en réponse à des solutions variées. La prudence s'impose néanmoins quant aux inférences qui peuvent être faites à partir de l'activité consommatoire des animaux. Face à ces difficultés théoriques et pratiques, d'autres approches ont été développées chez l'animal. Le jeu, et en particulier le jeu social, apparaît comme un bon candidat, de par sa forte valeur renforçante et son association avec des structures cérébrales impliquées dans les processus hédoniques. De plus, le jeu étant aisément identifiable chez la plupart des mammifères et des oiseaux, son étude serait certainement payante en offrant une approche directe, intégrative et signifiante des émotions positives chez l'animal.

Stéphanie Dubal (Cnrs, Salpétrière) a présenté les aspects cliniques de l'anhédonie chez l'homme. L'anhédonie, définie comme la perte de la capacité à éprouver du plaisir, se manifeste dans de nombreuses pathologies : elle constitue un symptôme majeur des états dépressifs, et se retrouve dans les troubles schizophréniques et dans certaines pathologies neurologiques. L'anhédonie se manifeste également chez le sujet normal en réaction à un événement aversif ou encore sous la forme d'un trait de personnalité. En outre, il existe une grande hétérogénéité clinique : on peut rencontrer soit des patients associant un émoussement de l'affectivité, avec un ralentissement psychomoteur, soit des patients présentant plutôt une hyperémotivité, avec une sémiologie anxieuse et une impulsivité. Cette hétérogénéité clinique s'accompagne d'une hétérogénéité de certains processus cognitifs, dans le sens d'une association entre les symptômes négatifs et un déficit de la capacité à soutenir l'attention. Cette difficulté cognitive a été retrouvée de façon moins déficitaire chez des sujets présentant un trait de personnalité anhédonique, en dehors de toute pathologie associée. L'anhédonie, chez ces sujets, représenterait un facteur de risque potentialisant la probabilité d'apparition d'un trouble psychiatrique, en particulier d'un trouble schizophrénique. Néanmoins, les études longitudinales n'ont pas pu confirmer cette hypothèse ; il semblerait que l'anhédonie puisse constituer un facteur de vulnérabilité quand elle est associée à un trouble de l'attention chez l'enfant.

Jean-Luc Moreau (Hoffmann-La Roche Ltd) a rapporté les travaux de modélisation de l'anhédonie chez le rat afin de simuler des états dépressifs humains. Le stress chronique est reconnu comme un facteur déterminant dans l'étiologie de la dépression. Des rats de laboratoire soumis à un régime de stress chronique et imprévisible présentent des déficits comportementaux reflétant une perte de sensibilité au plaisir, tels qu'une diminution de la fréquence d'autostimulation ou une augmentation du seuil d'auto-stimulation. Cette anhédonie en réponse au stress se développe progressivement et peut être prévenue ou abolie par administration chronique de traitements antidépresseurs tels que tricycliques, atypiques, IMAO ou électrochocs. De plus, les animaux stressés présentent des anomalies du sommeil paradoxal similaires à celles observées chez les patients déprimés. Ces données confortent l'anhédonie induite par stress chronique chez le rat comme modèle animal original des troubles dépressifs. Ainsi, ce modèle offre une simulation réaliste de certains aspects de la dépression chez l'homme et pourrait se révéler utile à une meilleure compréhension des mécanismes sous-tendant certains états dépressifs.

Michel Cabanac (Université Laval, Québec) a introduit quant à lui la notion de conscience comme étant indispensable au plaisir. Les réponses émotionnelles physiologiques qui sont absentes chez les Poissons et les Amphibiens alors qu'elle sont présentes chez les Reptiles, montrent que la conscience a probablement émergé chez ces derniers. Cela est confirmé par des indications vocales (oiseau) et gestuelles (rat) de plaisir sensoriel. En outre, l'aversion gustative acquise est présente chez les Reptiles mais non chez les Amphibiens. La sensation serait le premier élément de la conscience à émerger dans la phylogenèse. Il s'ensuit que tout objet mental a conservé la structure de son origine sensorielle, c'est-à-dire est caractérisé par 4 dimensions: la nature, l'intensité, l'hédonicité et la durée. Ce postulat explique que le plaisir soit devenu la "monnaie commune d'échange entre les motivations" : c'est le plaisir qui rend la sensation si efficace (notion d'alliésthésie) et les comportements sont optimisés par la maximisation du plaisir. Le plaisir est analogue a une force qui meut le cerveau. Le plaisir doit être considéré comme un influence similaire aux 4 forces définies par les physiciens (gravitationnelle, électromagnétique, nucléaire forte et nucléaire faible).

Catherine Larrère (Université Bordeaux III, en détachement à l'Inra), Raphaël Larrère et Florence Burgat (STEPE Inra, Ivry) ont apporté un éclairage philosophique sur l'hédonisme. Concernant l'évolution de la pensée, Fl. Burgat a rappelé la distinction qui était faite dans l'antiquité entre plaisir corporel et plaisir psychique, auquel est attribuée une plus grande valeur (Platon). Pour les épicuriens, la recherche du plaisir physique est un comportement spontané et valorisé pour lui même. Ce point de vue est repris par Montaigne au XVIème siècle et l'utilitarisme (en particulier, Jeremy Bentham et John Stuart Mill) au XIXème siècle. Mettant en avant la recherche du plaisir, ces auteurs élaborent une théorie morale permettant de juger les actions sur leurs conséquences, selon la balance entre les souffrances qu'elles infligent et les plaisirs qu'elles procurent. Enfin, F. Burgat rappelle comment Sigmund Freud reformule la notion de plaisir dans une théorie des pulsions de l'inconscient.

Catherine Larrère a procédé à un commentaire du texte de JC Wolf (Hédonisme : Plaisir et peine. In : Dictionnaire d'éthique et de philosophie morale, sous la direction de Monique Canto-Sperber, PUF, 1996) qui avait été distribué au préalable. Cet article présente trois niveaux d'approche (psychologique, axiologique et normatif). Le niveau psychologique constitue le niveau descriptif : le plaisir est défini comme une fin naturelle, que poursuivent tous les individus (motivation des comportements). Au niveau axiologique, le plaisir est un bien et la douleur un mal : en particulier les utilitaristes accordent au plaisir une valeur intrinsèque. Enfin, au niveau normatif, la recherche du plaisir peut faire l'objet de prescription et d'interdiction : il y a dissymétrie entre la recherche du plaisir (non impératif) et l'évitement de la douleur (impératif). C. Larrère a développé ensuite trois points. Le premier concerne la diversité des doctrines hédonistes : pour l'hédonisme antique (par exemple l'Epicurisme), la morale est individuelle alors que pour l'utilitarisme moderne, l'éthique morale est publique et collective (i.e., recherche du plus grand bonheur pour le plus grand nombre). Le deuxième point concerne le passage du niveau descriptif (le plaisir est une fin en soi quel que soit l'individu) au niveau normatif (il est moralement bon de chercher le plaisir) : passer du fait à la norme ne va pas de soi. Dans ce cas, il ne suffit pas d'agréger les bonheurs individuels pour avoir le résultat collectif. Autrement dit, on ne peut pas maximiser le bonheur de chacun mais on peut maximiser le bonheur du plus grand nombre. Par conséquent, une proposition morale n'est pas une proposition descriptive. Le troisième point s'interroge sur le caractère universel de la recherche du plaisir. Cela ne concerne que les êtres sensibles, alors que seule la conservation de l'existence est un mobile universel des êtres vivants. Chez les êtres sensibles, la recherche du plaisir et l'évitement de la douleur ne sont qu'un moyen de se maintenir en vie et de se reproduire, si bien que le plaisir, de ce point de vue a une valeur instrumentale et non pas une valeur intrinsèque comme le prétend l'hédonisme axiologique.

Raphaël Larrère a complété ces commentaires sur l'utilitarisme en formulant trois remarques. Tout d'abord, l'utilitarisme suppose que le plaisir et la peine peuvent se quantifier alors que les états mentaux ne sont pas commensurables (la tentative d'objectiver le plaisir par la mesure des préférences, déjà problématique pour l'homme l'est encore plus pour les animaux). Ensuite, il fait remarquer que l'utilitarisme est radicalement égalitaire : chacun compte pour un et ne compte que pour un dans le calcul utilitariste et tous les plaisirs doivent être pris en considération de façon impartiale, l'impératif moral étant de maximiser le bonheur du plus grand nombre. Que faire alors des plaisirs que procure l'inégalité : si la majorité souhaite qu'il y ait des discriminations sociales, que peut faire l'utilitariste ? S'il prend en compte ces aspirations inégalitaires, il ne pourra pas compter chacun pour un. S'il les récuse, il fait preuve de partialité et ne satisfait pas à l'impératif moral de l'utilitarisme. Remarquant enfin que l'utilitarisme justifie le sacrifice d'individus s'il peut s'ensuivre une augmentation du bonheur du plus grand nombre, il se demande si la protection des individus (hommes ou animaux) ne nécessite pas une démarche déontologique respectant en eux une valeur intrinsèque. Aussi, les théories qui tentent d'accorder des droits moraux aux animaux sont-elles peut-être plus consistantes que l'utilitarisme.

Rapport de mission

2nd International Workshop "Assessment of animal welfare at farm and group level" 4-6 Septembre, Bristol (UK)

Participants : C. Arnould (SRA, Inra, Nouzilly), X. Boivin (URH-ACS, Inra de Theix), M.C. Meunier-Salaün (UMRVP, Inra, Saint-Gilles), V. Courboulay (Institut Technique du Porc, Le Rheu)

Environ 120 personnes ont participé à ce congrès. Plusieurs pays européens étaient représentés, ainsi que les Etats-Unis et le Canada. Les participants étaient des scientifiques, des vétérinaires, des philosophes et des membres d'associations de protection animale de type RSPCA, chargés de mettre en place des systèmes d'évaluation du bien-être.

Une part importante du congrès était ouverte à la discussion puisque les conférences se déroulaient le matin et les après-midi étaient consacrés à des workshops.

Un numéro spécial d'Animal Welfare sera consacré à ce congrès.

En ouverture du congrès David Fraser a fait un historique de la montée en puissance du bien-être animal. Il a souligné les difficultés rencontrées dans l'appréhension des problèmes de bien-être : perceptions et attentes différentes selon les personnes impliquées (scientifiques, public…). Il a insisté sur l'impossibilité pour le scientifique d'être totalement objectif, que ce soit conscient, ou non, car le bien-être met en jeu des valeurs éthiques, culturelles… Ceci conduit à l'utilisation de modes d'évaluations (outils) divers, chacun étant valide dans un cadre donné.

H. Blokhuis a présenté le programme européen COST 846 "Measuring and Monitoring Farm Animal Welfare". Les résultats des travaux engagés au sein de ce programme ont fait l'objet de plusieurs présentations au cours du congrès. Des processus de certification du bien-être en élevage, actuels ou en voie d'élaboration ("Freedom Food" en UK, Certification "Organic Farm" en Suisse ou en Autriche, "Free Farm Certification" aux USA) ont également été décrits. Les conférences qui ont suivi ont été consacrées à la question : " comment évaluer le bien-être ? ". Elles ont porté sur les paramètres utilisés (liés à l'élevage : logement, climat, pratiques, et à l'animal : comportement, santé, physiologie, performance), leur validation et la façon d'intégrer ces paramètres (score, analyse multivariée, index composite). Dans ce cadre de l'évaluation du bien-être en élevage, C. Arnould a présenté un poster sur l'utilisation de l'espace par les poulets de chair en élevage commercial (répartition et utilisation des mangeoires et des abreuvoirs) et les conséquences de cette utilisation en terme de bien-être des animaux (C. Arnould et al., How broilers reared in large groups in commercial conditions use pen space).

Une séance plénière a été consacrée aux aspects éthiques. Peter Sandøe, philosophe, a posé la question de savoir dans quelles conditions il est moralement acceptable d'utiliser les animaux pour produire de la viande et d'autres produits animaux. Il a souligné que la réponse n'était, bien sûr, pas la même pour tout le monde. Certaines personnes pensent que les animaux ne devraient pas être utilisés pour produire. D'autres, qui constituent la majorité, sont d'accord pour qu'une telle production existe, à condition que les animaux aient une vie décente et une mort humaine. Cependant, dans cette deuxième catégorie, il existe des divergences sur ce qui est acceptable (ex. cages vs débecquage) et sur la légitimité des buts recherchés (poulets aveugles…). Peter Sandøe a ensuite souligné trois points. 1. La nécessité de transparence dans l'évaluation (quoi ? comment ? seuil d'acceptabilité) puisque les termes n'ont pas la même définition dans tous les pays. 2. La nécessité de faire des efforts pour augmenter chez les éleveurs leur conscience du bien-être. 3. La nécessité d'avoir une approche pluridisciplinaire prenant en compte la biologie, la sociologie, l'économie, la réglementation, l'éthique. Ces différents points ont été repris dans les conférences suivantes. Dans le cas de l'animal de laboratoire, la distinction entre la notion de "gêne" et de "souffrance" a été soulignée (A. Holland).

Les résultats d'une enquête ont montré que la perception par les éleveurs du bien-être animal se traduit par une grande confiance vis-à-vis de l'avis porté par les techniciens d'élevage, une confiance à l'égard des scientifiques pour définir et mesurer le bien-être, mais un doute quant à leurs conclusions, et par contre une grande méfiance vis-à-vis des politiques (M. Vaarst). Ceci montre bien la nécessité de dialogue entre les différents acteurs de ce dossier. Par ailleurs la définition des experts du bien-être en élevage a été évoquée à plusieurs reprises dans les discussions. Ceci a notamment été illustré par une enquête de la RSPCA, comparant les évaluations faites par des scientifiques, vétérinaires et techniciens, sur le bien-être des animaux de laboratoire.

Le lien homme-animal a fait l'objet de plusieurs présentations, en particulier la revue de X. Boivin, présentée en session plénière (conférence invitée) et intitulée " Stockmanship: animal and human welfare? " . Ce dernier a souligné l'importance de la relation homme-animal dans le travail de l'éleveur et pour le bien-être des animaux d'élevage et leur productivité. Il a surtout mis l'accent sur la nécessité de mieux connaître la perception de l'homme par l'animal (en particulier les émotions générées) et l'importance des contacts positifs dans cette perception. Cependant comment maintenir de tels contacts dans un environnement d'élevage où il y a de moins en moins de personnes et de plus en plus d'animaux ? Différentes solutions ont été évoquées. Il a rappelé enfin que le principe de la domestication pourrait être considéré comme un contrat entre l'homme et l'animal. La considération de l'animal en tant que partenaire a également été développée dans l'idée d'une éthique à développer dans les soins apportés aux animaux par l'homme, en complément d'un objectif de productivité (R. Anthony).

Lors des workshops, quatre questions ont été abordées et divers points de vue ont été confrontés.

- La question de la conscience des animaux d'élevage a été débattue. Il a été suggéré qu'elle puisse être appréhendée par homologie ou par des études cognitives, et qu'actuellement il manquait d'informations en amont sur ce qui est important pour l'animal. Certains résultats d'évaluation sont clairs (douleur, peur), d'autres beaucoup moins (frustration). Il a été rappelé que le bien-être est plus qu'une absence de souffrance.

- Le bien-être devrait être évalué à travers des informations sur l'animal et les ressources disponibles. Il a été souligné qu'il manque encore des résultats sur les besoins des animaux et les liens entre l'animal et son environnement. Il existe plusieurs moyens d'évaluer le bien-être, mais ceux-ci reflètent souvent plusieurs buts. Chaque système d'évaluation a des points positifs et négatifs, différents selon les buts recherchés. Il reste aussi des travaux à mener dans les méthodes de validation de ces systèmes d'évaluation.

- Il semble, dans certains cas, nécessaire d'intégrer différents indices de bien-être (labels, réglementation…), mais il est important de ne pas regrouper n'importe quoi ensemble (animal, logement, management…). La nécessité d'une transparence dans la définition des critères a été rappelée à maintes reprises dans les présentations et les discussions sur les méthodes d'évaluation du bien-être. Ce souci renvoi à la nomination des experts et la possibilité d'une formation à une expertise "bien-être". Une interdisciplinarité de l'approche apparaît nécessaire, intégrant la biologie, la sociologie, l'économie, l'éthique et les aspects réglementaires.

- La nécessité d'intégrer le bien-être avec d'autres éléments de qualité (sécurité alimentaire, environnement, biosécurité - bien-être de l'Homme) n'est pas évident. Il peut y avoir conflit entre bien-être et qualité (ex. élevage en extérieur vs intérieur et salmonelles, paille vs caillebotis et NH3…), même si pour certains (et dans certains cas) bien-être et qualité sont liés positivement (ex. une amélioration de la manipulation provoque moins de contaminations et une meilleure qualité de viande). Quoiqu'il en soit, il a été rappelé que la vie est risquée et qu'une amélioration du bien-être peut provoquer une augmentation des risques de salmonelles par exemple. Il paraît donc nécessaire d'éduquer le consommateur afin qu'il puisse faire un choix libre en étant informé.

John Webster a conclu en soulignant que, depuis le congrès de 1999 au Danemark, il y a eu une forte augmentation de la quantité de travaux visant à évaluer le bien-être. Aux Etats-Unis il y a peu de forces en présence, mais des systèmes d'évaluation du bien-être se mettent en place à travers des marques (Mc Donald…) et des groupes de producteurs. Des efforts pour valider les méthodes doivent se poursuivre. Ces méthodes sont parfois très différentes (méthodes objectives vs subjectives) et doivent être comparées. Les discussions au sein du COST 846 devraient permettre de cerner les actions futures à travers le choix de paramètres d'évaluation pertinents.

Action COST 846

1. Réunion du sous-groupe de travail "Parameters and protocol for Pigs" du groupe WG2 "Monitoring farm animal welfare" - M.C. Meunier-Salaün (Inra), V. Courboulay (ITP)

Une réunion de travail a été organisée en parallèle du congrès, la majeure partie des membres de ce groupe étant présente. Cette réunion a permis pour V. Courboulay et M.C. Salaün de présenter les projets de travail français sur l'enregistrement du bien-être en élevage porcin (projet prévu dans le cadre de l'appel d'offre DGAL 2003). Cette rencontre avait aussi pour objectif de concrétiser la participation de la France à ce groupe de travail, qui se traduit par l'implication de V. Courboulay dans la rédaction par le groupe d'une synthèse bibliographique sur les différents critères de mesures classiquement utilisés. Les échanges entre les différents auteurs se feront essentiellement par courrier électronique au vu de l'incertitude des attributions budgétaires sur le programme COST 846.

Une visite d'élevage a été organisée après le congrès visant à une discussion sur les fiches d'enregistrement du bien-être utilisées par les différents participants. Il a été ainsi souligné la difficulté de certaines mesures selon les dispositifs présents dans l'élevage (difficulté d'accès aux animaux par exemple).

2. C. Arnould a réuni le sous-groupe de travail "Parameters and protocol for Poultry". Ce sous-groupe n'avait pas encore réellement démarré du fait des difficultés rencontrées pour le constituer (les personnes du COST travaillent pour la plupart sur les porcins ou les bovins). Cette réunion a permis de définir l'organisation du travail à venir dans ce sous-groupe et notamment le positionnement de chacun par rapport aux différents paramètres à considérer.

Ouverture de postes

- Canada Research Chair in Food, Animal Behaviour, and Welfare. Department of Animal & Poultry Science, Guelph Univ. (document disponible chez I. Veissier)

- AgResearch in New Zealand will shortly be advertising for a Senior Scientist and a Post doc to undertake welfare/behaviour/stress studies of economically important animals in New Zealand (contact: L. Matthews, AgResearch, NZ)

- Researcher position at the Swedish University of Agricultural Science, contact: L. Keeling, linda.keeling@hmh.slu.se).

- Post-doc position in Applied Ethology, Swiss Federal Veterinary Office for proper housing of ruminants and pigs (contact : B. Wechsler, Beat.Wechsler@fat.admin.ch)

A vos agendas !

Séminaires AGRI bien-être animal

Le séminaire sur les sciences sociales aura lieu le 8 Janvier 2003 à l'amphithéâtre de l'Inra, 147 rue de l'Université, Paris 75007. Il est organisé par Florence Burgat.

Une liste de congrès sur le bien-être pour l'année 2002 est aussi disponible sur notre site à la rubrique colloque.

Le comité de coordination : I. Veissier, R. Dantzer, F. Lévy