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Dernière mise à jour : Mai 2018

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AgriBEA-Bien-Etre-Animal

Réseau Agri Bien-Etre Animal

(AgriBEA)

Lettre n°22 - Décembre 2005

Au sommaire : 1. Bilan et perspectives du réseau Agri Bien-Etre Animal 2. Réunion du réseau « génétique et adaptation » du 26 Mai 2005 3. Divers

1. Bilan et perspectives du réseau Agri Bien-Etre Animal

Le bilan et les perspectives du réseau d'Agri BEA ont été présentés au collège de direction le 17 Octobre 2005. I. Veissier a présenté un exposé de 15 min ; F. Lévy, C. Beaumont, R. Larrère et A. Boissy étaient également présents à la réunion et sont intervenus au moment des questions. Nous vous rapportons les principaux points de discussion.

B. Charley (DS Animal et produits animaux) :

1- Quelle est l'aide apportée à la conception de projets européens ?

Réponse (I.Veissier) : une aide financière (ex. projet GENESTRESS) ou des conseils (exemple de l'aide personnelle d'I. Veissier pour le Research Training Network soumis en Septembre 2005 par MC Salaün.

2- AgriBEA est-il reconnu comme un partenaire européen ?

Réponse (I.V.) : Oui. AgriBEA est par exemple le relais français de l'action COST846. La Finlande a imité cette démarche avec une animation assez similaire.

3- Comment participer à l'élaboration des règlements européens ?

Réponse (I.V.) : Il y a un grand nombre de participations individuelles (au niveau de l'Union Européenne ou du Conseil de l'Europe). Pour le moment ces actions ne sont pas coordonnées.

X. Leverve (DS Nutrition et sécurité alimentaire) :

1- Comment gérez-vous les conflits d'intérêt (exemple du foie gras) ?

Réponse (I.V.) : Il faut apporter un avis le plus objectif possible et distinguer citoyen et scientifique. Quand on intervient dans une filière, il faut essayer de concilier bien-être et productivité.

2- Comment gérez-vous le budget ?

Réponse (I.V.) : Le budget est de 12 K€ fourni uniquement par l'Inra. Les séminaires sont ouverts mais uniquement remboursés aux membres Inra et aux conférenciers invités.

F. Houllier (DS Plante et produits du végétal) :

1- Quel lien avec l'écologie comportementale ? Faites-vous référence au comportement des espèces sauvages pour établir des normes? Des liens méthodologiques doivent exister .

Réponse (I.V.) : En matière d'écologie comportementale, les animaux sauvages peuvent servir de référence pour les animaux domestiques (quand des populations sauvages existent encore), les notions de causes proximales et distales sont les mêmes pour les animaux sauvages et domestiques . Il y a des chercheurs en faune sauvage dans le réseau.

B. Hubert (DS Société, économie et décision) :

1- D'où viennent les demandes sociétales ? Incluent-elles les éleveurs ? Les chercheurs ? En matière de normes, quel est le modèle à retenir ?

Réponse (I.V.) : La question des différences est étudiée au niveau européen dans le projet WelfareQuality.

Réponse (R. Larrère) : Il faut travailler sur les normes et la construction des normes. C'est à faire et c'est important. Dans le citoyen, il y a le chercheur. Jocelyne Porcher s'intéresse au rapport entre l'éleveur et l'animal et au BE de l'animal et de l'homme. Il y a un rapport ACTA sur la façon dont éleveur se représente le BEA. D'autres études ont été faites sur la souffrance des éleveurs de porcs (à différents niveaux sociaux). Elles montrent que le BEA n'est pas le seul problème, la mauvaise image des porcheries joue aussi.

L'élaboration des normes de Bruxelles peut amener à des résultats qui peuvent aller à l'inverse du BEA. Le BEA est plus une interrogation de citoyen qu'un comportement de consommateur (et c'est pour cela que les économistes ne s'y intéressent pas). Donc il faudrait monter un débat sur ce sujet mais c'est long et coûteux.

2- L'entrée « espèces » est-elle suffisante ou faut-il aussi une entrée système de production ?

Réponse (I.V.) : Pour ce qui est du choix des espèces et des modes de production, les plus critiqués sont les systèmes intensifs mais en tant que chercheurs, on ne veut pas se restreindre à ces systèmes, on sait qu'il y a aussi des problèmes en élevages extensifs. Les espèces modèles ne peuvent suffire (en raison de différences de biologie et en particulier de comportements) ; le dialogue avec des parties prenantes seraient très difficiles avec des espèces modèles (rongeurs de laboratoire) très éloignées de celles utilisées dans la pratique.

G. Riba ( DG délégué, chargé des programmes, du dispositif et de l'évaluation scientifiques) :

1- Le réseau a beaucoup apporté. Quelle est la hiérarchie des critères ? (Bien-être/Résistance aux maladies ?).

Réponse (I.V.) : Il y a une hiérarchie des critères (santé > comportement)

2- En dehors des résultats biotechniques, quelle importance faut-il donner au Bien-être (analyses économiques, sociologiques) ?. Il faut donc continuer sur le plan biotechnique mais développer les aspects sociaux.

Réponse (R. Larrère) : Le réseau ne fédère pas des chercheurs en sciences sociales. Pour R. Larrère c'est un thème qui reste secondaire pour les chercheurs en sciences sociales.

(I.V.) Proposer un ASC sur le thème du BEA autour de la construction des normes constituerait un moyen de rapprocher sciences sociales et sciences animales sur la question du bien-être.

M. Guillou (PDG)

• Il faut continuer l'action du réseau. Le repérage de la communauté est fait.

Réponse (I.V.) : Au départ, l'argent pour monter des projets de recherche a été très utile. Notre crainte à terme, si nous ne disposons que d'un crédit d'animation, est que l'enthousiasme s'essouffle.

M. Guillou

Il faudra préciser les objectifs à donner au réseau.

Ultérieurement dans un compte-rendu, le collège de direction nous a fait part des ses recommandations et de ses décisions.

Le collège nous félicite de la qualité du travail du réseau. Le repérage de la communauté et l'implication dans des projets européens sont à poursuivre. Ainsi le réseau aura joué « un rôle incitatif de création d'une communauté de recherche et d'animation de celle-ci ». Il suggère d'approfondir notre connaissance
  • de la demande de la société à propos du bien-être animal ;

  • des liens entre bien-être et nutrition ou qualité des aliments ou avec d'autres critères comme la résistance aux maladies.

Le budget de 12 k€/an est reconduit et sera pris en charge par les DS et départements concernés.

2. Réunion du réseau « génétique et adaptation » du 26 Mai 2005

Relations entre adaptation comportementale et adaptation physiologique

Le but de la réunion était d'entamer une réflexion sur la nature des relations entre adaptation comportementale et adaptation physiologique, deux types d'adaptations entre lesquelles semble exister un continuum et qui peuvent largement interagir. En particulier, l'importance des types de personnalité des individus et de leurs stratégies de réponse (coping strategies) a été soulignée. On distingue ainsi les animaux proactifs des réactifs : les premiers montrent plus d'agressivité et une activité générale plus élevée tandis que les seconds sont plus passifs et moins actifs. L'avantage relatif de ces deux types de réactivité dépend des conditions environnementales : la plasticité comportementale des individus réactifs leur donnerait un avantage dans des environnements variables et non prédictibles tandis que l'agressivité et le rang de dominant favorise le proactif placé dans un environnement stable et prévisible. Ces caractéristiques vont donc influencer les interactions sociales.

Après une rapide introduction, la réunion a débuté par un rappel, par P. Mormède (Inra, GA, Bordeaux), des principales méthodes d'investigation des capacités physiologiques d'adaptation, lesquelles mettent principalement en jeu l'axe corticotrope et le système nerveux autonome. Les réponses aiguës à des stimulations ponctuelles ont été très largement étudiées. Leur quantification repose sur le dosage des hormones circulantes (ACTH et cortisol pour l'axe corticotrope, catécholamines pour le système nerveux sympathique) ou sur l'évaluation des effets physiologiques (numération et formule leucocytaires, augmentation des concentrations circulantes de glucose et acides gras libres, fréquence cardiaque et pression artérielle…). Par contre, étudier les variations de plus faible amplitude, telles que celles liées à l'individu ou à l'environnement implique de mieux faire la part des variations physiologiques ou des effets de certaines procédures (prise de sang par exemple). Plusieurs méthodes répondent à ces exigences. L'étude détaillée des variations de la fréquence cardiaque permet par exemple d'évaluer la balance entre les influences ortho- et parasympathiques ; des tests dynamiques – stimulation à l'ACTH, au CRH ou à l'insuline, freinage à la dexaméthasone – permettent de mettre en évidence les adaptations à long terme du fonctionnement de l'axe corticotrope ; la collecte de salive ou d'urine évite la contention. Les travaux réalisés ces dernières années, en particulier chez le porc, montrent tout l'intérêt du dosage du cortisol et des catécholamines dans l'urine : en intégrant l'ensemble des variations de ces paramètres, cette approche permet l'étude des variations génétiques ou liées à l'environnement et celle des relations entre le fonctionnement de ces systèmes physiologiques d'adaptation et la composition de carcasse ou la qualité de la viande.

B. Aupérin (Inra, PHASE, Rennes) a ensuite exposé les résultats d'études de l'impact des densités d'élevage sur la physiologie et le comportement de la truite arc-en-ciel, travail mené à la demande de la commission européenne. La densité d'élevage représente en effet, avec les temps de mise à jeun et les conditions d'abattage, un des points les plus délicats de la future recommandation européenne. Les travaux, menés dans le cadre de contrats avec le ministère de l'agriculture et de la pêche et la Fédération Française d'Aquaculture, ont permis de montrer que la densité influençait le poids final des animaux. Une large gamme de paramètres, de type zootechnique, comportemental et physiologique a été mesurée. Cela a permis d'émettre l'hypothèse que, du moins chez la truite, les fortes densités agissaient surtout par réduction de la prise alimentaire, en particulier lorsque l'accès à l'aliment était difficile Mais ces travaux ont également montré la nécessité de tenir compte non seulement de la densité mais aussi des conditions environnementales (en particulier de la qualité d'eau et de l'accès à l'aliment…) et de la hiérarchie sociale. Ainsi la réponse en cortisol à un stress aigu (baisse du niveau d'eau ou salinité) dépendait-elle de la densité, du moins au-delà des conditions d'élevage habituellement retenues. Elle est également modulée par le niveau de hiérarchie sociale : au sein d'une cohorte, les animaux de faible poids (probablement dominés) sont plus sensibles à un confinement chronique que ceux de poids moyen. Ce thème a été plus largement développé dans l'exposé suivant.

Préparé par O. Lepage et P. Prunet (Inra, PHASE, Rennes), celui-ci portait en effet plus particulièrement sur l'impact du comportement social sur l'adaptation physiologique des poissons et l'importance de leur niveau hiérarchique. Si les conséquences physiologiques et comportementales des interactions sociales peuvent être observées chez les dominants comme chez les dominés, elles sont plus marquées chez ces derniers. Le caractère proactif ou réactif intervient également ; il est associé à des différences physiologiques et interagit avec les conditions de milieu. La recherche de prédicteurs physiologiques de caractère de dominance a débuté. Ainsi, les individus qui rétablissent au plus vite leur appétit après une perturbation sont aussi ceux qui gagnent le plus souvent un combat pour la dominance (Øverli et al., 2004). Des modèles génétiques devraient permettre une recherche par génomique des gènes en cause. Des lignées de truite arc-en-ciel ont en effet été sélectionnées de façon divergente sur leur niveau de cortisol plasmatique en réponse à un stress aigu (Pottinger & Carrick, 1999). La lignée à faible niveau de cortisol présente de plus un profil proactif tandis que celle à haut niveau de cortisol est davantage réactive. L'analyse, par puces à ADN, des profils d'expression des gènes des deux lignées après exposition à différents facteurs de stress nous apportera des informations sur les gènes impliqués dans la réponse au stress et permettra de désigner des gènes candidats potentiels responsables des différences phénotypiques observées entre les deux lignées.

L'exposé de Sandrine Grasteau (Inra, GA, Tours) portait sur l'importance de la prise en compte des capacités d'adaptation et de leur interaction avec les conditions d'élevage. Il reprenait l'exemple d'une expérience de sélection menée chez des poules pondeuses. A l'étage de sélection, celles-ci sont en effet sélectionnées en cage individuelle, de façon à pouvoir mesurer les performances de chacune ; en élevage par contre elles sont élevées collectivement, le plus souvent, pour l'instant du moins, en cage « multiple ». La mortalité due au picage et au cannibalisme peut être élevée ; sélectionner pour réduire le picage et améliorer l'adaptation apparaît donc comme une alternative intéressante. Pour Muir et Craig (1998), la capacité d'adaptation à la vie en groupe doit être traitée comme une capacité collective et non individuelle d'où l'intérêt d'une sélection familiale, basée sur la performance moyenne de poules d'une même famille élevées dans une même cage. Une première expérience de sélection sur les moyennes de ponte s'est révélée décevante, sans doute en raison de conditions trop peu stressantes (Craig et al., 1982). Mais dans des conditions suffisamment difficiles (forte densité et accès aux mangeoires limité) et avec une durée d'observation suffisante, Craig et Muir (1996) ont observé de nombreuses différences entre lignée sélectionnée et lignée témoin. La première présente une réduction, par rapport à la lignée témoin, du picage, du cannibalisme et de la mortalité (Craig et Muir, 1991 ; Kuo et al., 1991). De même, les comportements agonistes et agressifs sont réduits dans la lignée sélectionnée mais le niveau d'agressivité de ces lignées demeure très en deçà de certaines lignées commerciales (Craig et Muir, 1996). Des différences entre lignées ont aussi été observées pour des capacités générales d'adaptation. Hester et al. (1996 a,b,c) ont ainsi montré que le taux d'hétérophiles ainsi que le rapport hétérophiles:lymphocytes étaient plus faibles dans la lignée sélectionnée, ce qu'ils expliquent par un moindre stress chronique. Des différences allant dans le même sens ont été trouvées sur le taux de dopamine dans le sang. Le poids relatif de la surrénale semble avoir augmenté dans la lignée sélectionnée ; cette augmentation « génétique » témoignerait d'une augmentation des capacités d'adaptation (Cheng et al., 2001, 2002, 2004). En revanche, dans la lignée témoin, le poids relatif de la surrénale augmenterait lorsque les animaux sont stressés ce qui témoignerait d'une capacité d'adaptation au stress réduite. Lorsque les animaux sont mis en présence d'une lignée commerciale très agressive, la lignée témoin présente des indicateurs de stress beaucoup plus élevés que la lignée sélectionnée. Cette dernière aurait une attitude passive face au dominant, ce qui faciliterait la stabilisation du « groupe » et diminuerait le stress à long terme. En revanche, lorsque les animaux sont soumis à un stress non social (chaud ou froid), peu d'indicateurs permettent de différencier les deux lignées.

Sabine Richard (Inra, PHASE, Tours) a ensuite présenté les conséquences en terme de capacités d'adaptation physiologique et comportementale d'une expérience de sélection divergente menée chez la caille sur la durée d'immobilité tonique. Le but était de développer des modèles génétiques de sensibilité à la peur. Le critère retenu a été la durée d'un comportement inné d'inhibition motrice, l'immobilité tonique qui apparaît très lié aux comportements de peur ; les lignées présentent de très nettes différences phénotypiques. La sélection a entraîné des différences neurobiologiques au niveau de l'arcopallium, structure analogue chez les oiseaux de l'amygdale dont on a montré chez les mammifères le rôle dans la sensibilité à la peur. En terme de comportement, les lignées présentent de nombreuses différences dans des tests variés (open-field, test d'émergence, réactivité à l'homme, présentation d'un aliment nouveau…) en cohérence avec des comportements de peur exacerbés chez les lignées à longue durée d'immobilité tonique. Pour ce qui est des caractères d'adaptation physiologique, l'étude approfondie de rythme cardiaque montre des différences non seulement du niveau de base mais aussi du type de contrôle, les cailles à courte durée d'immobilité tonique étant davantage sous l'influence du système parasympathique. Pour ce qui est de l'axe corticotrope, les seules différences entre lignées observées l'ont été en réponse à un test de contention. Une liaison entre cette réponse de l'axe corticotrope et durée d'immobilité a également été observée par Satterlee et Johnson (1988). L'ensemble de ces résultats est à relier à ceux des études génétiques menées sur un croisement de seconde génération réalisé sur ces mêmes lignées. L'analyse factorielle des correspondances montre une faible liaison entre durée d'immobilité tonique et comportement en open-field ainsi qu'une quasi-indépendance de la réponse en corticostérone à un test de contention. La recherche des zones du génome en cause (ou QTL) réalisée sur ce croisement va dans le même sens : le QTL le plus significatif contrôle la durée d'immobilité tonique et certains comportements en open-field tandis qu'aucun QTL ne semble être impliqué à la fois dans la réponse en corticostérone et dans la durée d'immobilité tonique.

Nicoline Geverink (en stage post-doctoral chez P. Mormède) a présenté les résultats des études menées aux Pays-Bas sur les relations entre stratégies adaptatives et caractères de comportement, niveau de production et réponses physiologiques chez le Porc. Ces études visent à tester l'intérêt comme prédicteur du caractère réactif ou proactif des animaux mesuré lors d'un test d'immobilisation proche de celui d'immobilité tonique précédemment décrit chez la Caille. Les animaux sont donc placés sur le dos et classés en animaux à forte ou faible résistance selon le nombre de tentatives de redressement. Les premiers cherchent davantage à s'échapper dans un test de contention, sont plus agressifs vis-à-vis d'animaux non familiers. Par contre, face à un environnement modifié, leur flexibilité est réduite et ils présentent davantage de stéréotypies dans des situations stressantes. Les deux groupes d'animaux présentent également des différences de réponses physiologiques (niveaux de base de cortisol, réactivité de l'axe corticotrope), de performances de croissance et d'efficacité alimentaire, de réponse immunitaire et de résistance aux salmonelles. L'ensemble de ces résultats montre l'intérêt de ce test et l'importance de la prise en compte en sélection des capacités d'adaptation.

Le dernier exposé présenté par Byron C. Jones, Professeur au Pennsylvania State University, portait sur les relations entre génétique, risque et bien-être et les perspectives ouvertes par les progrès de la génomique et de la bioinformatique. Il a insisté sur la complexité des facteurs de risques de maladies : de nombreux gènes sont en cause qui interagissent entre eux et avec l'environnement. De ce fait découle l'importance de la prise en compte des interactions entre génétique et milieu soulignée par différentes expériences dont celle réalisée par Crabbe et al. en 1999. Ces auteurs ont comparé, avec les mêmes tests, les mêmes lignées de souris dans trois laboratoires et observé de nettes différences. Même si certains systèmes (comme l'axe corticotrope) semblent plus sensibles aux conditions de milieu que d'autres (comme le système dopaminergique), il serait très intéressant d'identifier les gènes contrôlant certaines interactions avec l'environnement. L'expérience décrite visait précisément à rechercher les gènes impliqués dans la concentration en fer d'une partie du cerveau, une baisse excessive de ce paramètre pouvant entraîner des troubles en particulier de comportement. Des différences entre lignées recombinantes consanguines ont été relevées ce qui a permis de réduire la taille de la région du génome sans doute impliquée. Ce type de démarche peut être élargie aux interactions entre hôte et parasites ou à la toxicogénétique. Elle montre aussi l'importance de la prise en compte de la variabilité individuelle dans les traitements (pharmacogénétique) mais aussi les questions soulevées par les interactions entre gènes et les hasards des recombinaisons génétiques.

La discussion générale a porté sur les projets en cours dans le réseau à l'exception de ceux portant sur les capacités d'adaptation des animaux présentés en partie dans cette réunion mais surtout lors des précédentes (voir dossier paru dans le numéro de Décembre 2002 de Inra Productions Animales) ; ceux-ci peuvent être regroupés en trois grands thèmes :
  • Les études génétiques des comportements maternels et des relations entre le jeune et sa mère sont réalisées chez les ovins, en particulier par une recherche de QTL, et le porc, en interaction avec le mode d'élevage.

  • Le rôle de la génétique dans la réactivité à l'homme est abordé chez le bovin (avec en particulier l'étude de la docilité), les ovins en interaction avec les conditions d'élevage, la caille, le faisan et le canard.

  • Les travaux menés sur les relations génétiques entre stress pré-abattage, conditions d'élevage et qualité de viande , portent principalement sur deux espèces, les bovins et le poulet. Leur intérêt économique a été souligné par P. Mormède. Ils seront présentés plus largement au cours du séminaire organisé sur ce thème début 2006 par C. Arnould, E. Duval, E. Laville et C. Terlouw dans le cadre d'Agri BEA et en liaison avec l'animation « muscle ». Les deux autres thèmes feront l'objet des prochains séminaires du réseau.

En conclusion, adaptation comportementale et physiologique sont deux notions différentes mais partiellement reliées. Elles peuvent interagir avec de nombreux caractères d'où l'importance d'élargir autant que possible la gamme des paramètres mesurés mais aussi de tenir compte, dans l'analyse, des conditions expérimentales, lesquelles impliquent l'environnement (mode de prélèvements, stress, état nutritionnel…) et les interactions sociales. Ce type d'étude débouche notamment sur la question de l'importance des capacités d'adaptation dans les interactions génotype-milieu et sur celle de la prise en compte en sélection des capacités d'adaptation. On retrouve la notion d'adaptabilité, déjà discutée lors de la réunion domestication, préférable, en matière de sélection, à celle d'adaptation.

3. Divers

Les proceedings de la première conférence du projet WelfareQuality sont disponibles à http://www.welfarequality.net/everyone (cliquez sur le texte en mouvement en haut à gauche).

Appel à experts par l'EFSA

L'EFSA (European Food Safety Authority) lance un appel à experts. Ces experts font partie de la communauté scientifique. L'EFSA est en charge de proposer des directives de protection animale pour l'Union Européenne. Aussi ce travail d'expertise est-il extrêmement important et AgriBEA doit y jouer un rôle. Pour plus d'information : l'appel à experts : http://europa.eu.int/eur-lex/lex/JOHtml.do?uri=OJ:C:2005:289A:SOM:EN:HTML ; formulaire : http://www.efsa.eu.int/cfm/index.cfm?action=main&lang=en&postreference=EFSA/E/2006/01.

Nous espérons que plusieurs d'entre vous déposeront un dossier! La date limite pour poser sa candidature est le 7 Janvier 2006 .

Si vous déposez une candidature auprès de l'EFSA, SVP informez les coordinateurs d'AgriBEA

Travaux d'expertise

Si vous êtes déjà membres d'un groupe de travail chargé d'expertise à des fins de réglementation (participation à l'EFSA, au Conseil de l'Europe,...), SVP veuillez nous en informer (intitulé du groupe de travail, si possible rôle, date prévue pour début / fin de l'activité). Merci de nous répondre avant le 15 janvier 2006 ! Nous avons en effet promis à la DG de l'Inra de faire le bilan de l'activité du réseau dans ce domaine.

Le comité de coordination : C. Beaumont, R. Larrère, F. Lévy, I. Veissier