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AgriBEA-Bien-Etre-Animal

Réseau Agri Bien-Etre Animal

(AgriBEA)

Lettre n°24 - Novembre 2006

Au sommaire : 1. Budget 2. Compte-rendu des séances bien-être du XII ème congrès européen d'aviculture – Vérone – 10-14 septembre 2006 3. Compte-rendu du 2nd symposium «Stress, Behaviour and Immune Response» organisé par l'Université de Greifswald, 9-11/11/2006, Greifswald, Allemagne

1. Budget

En 2006, AgriBEA a bénéficié d'une contribution de 5400 € de la part de la direction scientifique Animal et produits animaux. Les dépenses ont essentiellement concerné l'animation du réseau (4790 € dont 2750 € pour les déplacements des membres Inra, 1350 € pour le remboursement des invités et 683 € pour la location des salles). 800 € ont été utilisés afin d'aider la participation de membres du réseau à deux congrès : le 2 nd symposium « Stress, Behaviour and Immune Response » qui s'est tenu à Greifswald (Allemagne) du 9 au 11 novembre 2006 et le 27 ème congrès européen d'aviculture qui s'est tenu à Vérone (Italie) du 10 au 14 septembre 2006. Vous trouverez les comptes-rendus de ces congrès ci-dessous.

2. Compte-rendu des séances bien-être du XII ème congrès européen d'aviculture – Vérone – 10-14 septembre 2006

Le bien-être animal a fait l'objet de plusieurs sessions comportant près de 60 communications, essentiellement sur le bien-être des poules pondeuses et du poulet de chair. Au début de chaque session, des revues de synthèse ont permis de faire un bilan de la situation dans les principales productions. Les communications orales et les posters ont ensuite présenté les derniers résultats de recherche.

Bien-être des poules pondeuses

La quasi-totalité des études présentées étaient reliées à la directive européenne interdisant à l'horizon 2012 l'élevage des poules en cages conventionnelles. La production et différents indicateurs de bien-être ont donc été comparés entre systèmes d'élevage (cage conventionnelle, cage aménagée et volière).
La production totale d'œufs n'est pas différente entre cage batterie et cage aménagée, mais la cinétique de ponte n'est pas la même entre milieux (Karkulin, Menten et coll.). Les poules élevées en cages aménagées sont plus précoces et présentent une meilleure persistance, mais le pic de ponte est plus prononcé chez les poules élevées en cage batterie. En revanche, au sol, la production est plus faible de 10 à 30% (Perez-Maldonado et coll.). Sur le plan s anitaire, il n'y a pas de différence de proportion d'œufs abîmés ou cassés entre cages et volières (Karkulin et coll.), mais les fêlures sont plus fréquentes en cage aménagée à cause des œufs pondus hors du nid (Guémené et coll.) et les œufs sales sont également plus fréquents au sol (Perez-Maldonado et coll.).
Le taux de mortalité est plus faible en cage batterie qu'au sol (van der Zijjp et coll.), mais peu différent entre cages aménagées, élevage au sol ou en plein air. Cependant, les causes de mortalité sont différentes selon les systèmes. Ainsi, le cannibalisme est la cause majoritaire de mortalité au sol ou en plein air (59 à 77%), mais rare en cage (5%). A l'opposé, les hémorragies internes représentent 74% de la mortalité en cage contre seulement de 0 à 5% au sol et en plein air (Shini et coll.). La solidité des os est améliorée en volière par rapport aux cages aménagées (Scholz et coll.). La proportion de poules ne présentant aucune déformation des os est plus faible en volière qu'en cage aménagée, mais c'est l'inverse pour les poules présentant des déformations légères. La qualité du plumage et la fréquence de lésions sur les pattes ne sont pas modifiées ou sont améliorées en volière par rapport aux cages aménagées (Scholz et coll., Rönchen et coll.).
Dans leur revue de synthèse, de Jong et Blokhuis ont cependant souligné que résumer le bien-être des poules pondeuses aux caractères de survie et de production ne pouvait être considéré comme suffisant. Il faut également intégrer la notion de besoins comportementaux . Cela comprend tout d'abord la possibilité d'accéder à un nid, pour lequel la motivation est particulièrement forte avant la ponte (87-99% des œufs sont pondus dans des nids quand la possibilité est offerte, d'après le projet LAYWEL). La ponte hors du nid peut représenter de 15 à 50% des œufs en volière (Perez-Maldonado et coll.). Le site de ponte (dans ou hors du nid) est une préférence stable chez la poule, mais celles qui pondent en dehors du nid montrent des signes de frustration plus forts (Kruschwitz et coll.). La tendance à pondre hors du nid présente une part de variabilité d'origine génétique, son héritabilité étant estimée entre 0.39 et 0.44 (Settar et coll.). Enfin, le temps passé au nid, plus long si la poule pond que si elle effectue une simple visite, est également en partie héritable (cf. tableau 1, Icken et coll.).
Le rôle de certains acides aminés et minéraux permet d'envisager leur utilisation pour réduire les problèmes de picage et de cannibalisme sur les pondeuses élevées au sol. C'est le cas par exemple du tryptophane et du sélénium. L'augmentation de la proportion de ces éléments dans le régime de pondeuses élevées au sol a permis de réduire la proportion d'œufs pondus au sol de 25% et le taux de mortalité de 33% (Perez-Maldonado et coll.).
La possibilité de prendre un bain de poussière serait également un besoin fondamental (de Jong et Blokhuis). En volière, la proportion de poules qui prennent un bain de poussière est légèrement plus forte qu'en cage aménagée (9.1% vs 8.2%). La proportion de bains pour lesquels l'expression des comportements de bain est complète est également beaucoup plus élevée en volière. L'exploration est également beaucoup plus fréquente en volière (38.0% des poules) qu'en cage aménagée (15.8%). Un espace supérieur à 600 cm²/poule et la présence de substrat augmente le répertoire comportemental et diminue les risques de picage, dont souffrent 40 à 80% des pondeuses. Harlander-Matauschek et coll. ont confirmé le rôle de la litière dans la prévention du picage en comparant le comportement de poules à faible ou forte tendance au picage. Leurs résultats suggèrent que le picage serait un comportement de picage de la litière redirigé. En revanche, la possibilité de disposer de perchoirs semble moins importante pour les poules (de Jong et Blokhuis).
L'ensemble de ces éléments a été confirmé par la présentation de C. Berg du bilan de la situation en Suède, où les cages conventionnelles sont déjà interdites depuis 1997. En 1988, plus de 95% des poules étaient élevées en cages conventionnelles. En 2005, ces dernières ont quasiment disparu au profit des cages aménagées (36%), des volières (57%) et de l'élevage biologique (6%). A la mise en place des nouveaux systèmes se sont posés des problèmes de picage, de cannibalisme et de gonflement des coussinets plantaires, mais une amélioration du système d'élevage, le changement des génotypes utilisés et l'amélioration de la composition alimentaire ont permis de résoudre ces problèmes. De plus, aucun problème sanitaire spécifique (Salmonelles) n'a été signalé, mais il faut noter que le niveau de contamination dans ce pays était déjà très bas. De ce fait, malgré une petite différence de prix, le nombre d'œufs importés reste faible (10%, Berg et Yngvesson).

Bien-être des poulets de chair

Le bien-être des volailles de chair a tout d'abord été abordé dans une revue de synthèse présentée par M. Gerken et W. Bessei sur les problèmes liés à la sélection pour une croissance rapide. Ils ont tout d'abord dressé une liste des principaux problèmes de bien-être des poulets de chair, qui sont d'ordre sanitaire (faiblesses cardiaques, désordres musculo-squelettiques, désordres métaboliques, lésions de la peau) et comportemental (alimentaire, activité locomotrice). Chez le poulet, une étude italienne a montré que la fréquence des pododermatites du poulet était beaucoup trop élevée en hiver pour que le bien-être ne soit pas dégradé. En effet, sur cinq élevages étudiés, le score moyen attribué aux pododermatites était de 111, alors que la limite à ne pas dépasser est de 50. En été, en revanche, la moyenne est acceptable (47), sauf dans un élevage (135, Folegatti et coll.)
Gerken et Bessei ont ensuite exposé comment la sélection des caractères de production a été associée à des modifications de critères liés au bien-être. Par exemple, la baisse de l'activité peut être en partie attribuée à la sélection sur le poids, l'efficacité alimentaire ou le rendement en filet. En effet, les animaux les plus efficaces sont ceux qui ont les plus faibles dépenses énergétiques. Or, l'activité est une source de dépense énergétique. De plus, les animaux lourds ont une charge de poids très élevée sur les pattes, ce qui gêne leur activité locomotrice. Enfin, ces animaux ont un métabolisme plus actif, ce qui engendre une forte production de chaleur que l'animal a du mal à dissiper, ce qui accentue la réduction de l'activité afin d'éviter une production supplémentaire de chaleur. Les poulets à fort rendement en filet ont quant à eux un centre de gravité déplacé vers l'avant, d'où des problèmes de marche dus à de fortes contraintes sur les pattes. Cette inactivité engendre une plus grande fréquence de pododermatites et d'autres troubles locomoteurs. Par exemple, chez la dinde, la fréquence de dyschondroplasie tibiale est moindre dans une lignée légère que dans une lignée lourde. Ces différences s'accompagnent d'une plus grande activité locomotrice, d'une plus fréquente utilisation des perchoirs, et d'une cyclicité circadienne plus marquée dans la lignée légère (Berk et Cottin).
Un tour d'horizon des différentes solutions proposées a ensuite été dressé. Elles relèvent de facteurs génétiques, d'élevage et de nutrition. La sélection peut être utilisée directement pour corriger des troubles particuliers (troubles locomoteurs, ascite). Kjaer et coll. ont estimé l'héritabilité de la sensibilité aux pododermatites du poulet à 0.31, ce qui permet d'envisager une sélection contre ce caractère, sans affecter la croissance, car la corrélation génétique entre les deux caractères est très faible. Sélectionner la forme de la courbe de croissance en ralentissant la croissance au démarrage pourrait également être une solution. Enfin, l'utilisation de gènes majeurs (cou nu ou frisé) peut améliorer la dissipation de chaleur et réduire la fréquence de l'ascite. Chez l'adulte, l'utilisation de lignées à croissance plus lente limite les problèmes d'agressivité ou de stéréotypie liés à la restriction alimentaire sévère. L'introduction du gène de nanisme dw dans les lignées femelles peut également limiter la nécessité de la restriction alimentaire.
La maîtrise de certains paramètres d'élevage , peut aussi améliorer le bien-être des poulets, bien qu'aucune solution n'apporte de réponse complètement satisfaisante sur tous les paramètres à prendre en compte. Ainsi, réduire la densité et améliorer la ventilation facilite la dissipation de la chaleur et permet donc d'augmenter l'activité. Par exemple, une faible densité augmente la fréquence des comportements de marche et de toilettage chez la dinde, mais également le picage (Günthner et Bessei). La réduction de la période lumineuse limite l'ingestion alimentaire et réduit les problèmes liés à la surconsommation. Elle modifie le rythme de sécrétion de la mélatonine et de T3, mais n'a pas d'effet sur la durée d'immobilité tonique ou sur le ratio « hétérophiles/lymphocytes » (Özkan et coll.). Ferrante et coll. ont testé l'effet de la combinaison de facteurs lumineux, de densité et de qualité de la litière sur l'occurrence des pododermatites du poulet. Si les rythmes d'activité sont meilleurs dans le système moins intensif, les résultats ne sont pas concluants quant aux conséquences en terme de santé, les pododermatites étant moins fréquentes et l'état du plumage meilleur dans le groupe intensif élevé sur paille. On peut également envisager d'entraîner les animaux pour réduire les troubles locomoteurs. Chez la dinde, l'entraînement à la marche diminue les problèmes de marche mais est perçu comme un stress chronique par l'animal (Petow et coll.). Enfin, chez le canard, la mise à disposition d'abreuvoirs ouverts plutôt que de pipettes augmente l'activité et la fréquence des comportements spécifiques de l'espèce, ainsi que la propreté des narines (Heyn et coll.), mais pose encore des problèmes sanitaires.
La restriction alimentaire quantitative résout en partie les problèmes de bien-être liés à la croissance trop rapide des animaux. Par exemple, E. Heyn et coll. ont montré que la mortalité des poulets de chair nourris ad libitum était multipliée par un facteur de 3 à 17 (selon le sexe et le génotype) par rapport aux animaux restreints. Cependant, la restriction dégrade le bien-être des animaux qui piquent la gamelle vide et sont moins fréquemment au repos. Des restrictions qualitatives, sont préférables. Elles consistent à distribuer un aliment moins concentré en nutriments, ou à varier le contenu de l'aliment dans le temps (alimentation séquentielle). Dans le premier cas, Heyn et coll. ont montré que les poulets présentent encore une surmortalité élevée par rapport aux animaux ayant reçu un programme de rationnement classique, mais avec des signes de frustration comportementale moins évidents. L'utilité de l'alimentation séquentielle a été détaillée dans la présentation de Leterrier et coll., qui ont comparé une alimentation séquentielle - alternant aliments riche ou pauvre en lysine - et alimentation continue. Les deux programmes d'alimentation séquentielle testés (sur 24 ou 48h) on permis de réduire la croissance précoce, sans affecter le poids final ni l'indice de consommation. L'alimentation séquentielle a augmenté le temps passé debout (+17% à +22%) et réduit les anomalies de marche (-35% à -40%).

Génétique et bien-être

La session a débuté par une revue de W. Bessei (Allemagne) présentant la variété des critères employés pour décrire le niveau de bien-être animal. Il a tout d'abord brièvement rappelé que le bien-être implique un développement physique normal et un état mental, comportemental et physiologique non perturbé de l'animal. Il a ensuite insisté sur la complexité du phénomène. Par exemple, la définition du statut « normal » n'est pas évidente, et l'utilisation de Bankiva en conditions naturelles comme référence n'est pas satisfaisante. La sélection sur la croissance ou la ponte a entraîné des changements de divers caractères liés au bien-être, mais les discussions sur les relations entre production et bien-être restent controversées. Le stress ou la maladie dégradant les performances, la productivité est donc souvent utilisée comme indicateur de bien-être par les aviculteurs. Cependant, des problèmes de bien-être sont parfois présents malgré une bonne productivité, et une productivité moindre n'est pas nécessairement associée à une dégradation du bien-être. Il faut donc collecter de l'information de diverses sources et en faire la synthèse, car les différents indicateurs enregistrés ne vont pas nécessairement tous dans la même direction.
S. Grasteau a ensuite présenté une revue sur les données existantes sur les relations entre génétique et bien-être animal. Les études sont de plusieurs ordres. Les comparaisons de lignées permettent dans un premier temps de détecter la possible présence d'un facteur génétique, mais elles ne suffisent pas à conclure sur l'importance de ce facteur. L'estimation de l'héritabilité du critère permet de distinguer la part de la variance observée due à la génétique de celle due à des facteurs environnementaux. Les corrélations génétiques entre différents indicateurs de bien-être sont rares et relativement faibles, indiquant que les gènes impliqués dans le déterminisme de ces critères sont en grande partie différents. Cela implique qu'une évaluation et une sélection potentielle du bien-être devra prendre en compte plusieurs critères différents. L'introduction d'un ou de plusieurs de ces critères en sélection nécessite aussi de connaître les corrélations génétiques avec les caractères de production. Or, ceux-ci sont particulièrement rares, et contradictoires. Le tableau 1 présente les estimations de paramètres génétiques présentées au cours du congrès.
Enfin, de nombreuses lignées ont pu être sélectionnées d'après différents critères reliés au bien-être, confirmant les estimations théoriques et fournissant un matériel de choix pour la détection des gènes impliqués. Parmi les critères ayant servi de support à des expériences de sélection, on trouve la survie en cage collective, le comportement de picage, la durée d'immobilité tonique ou le taux de corticostérone après stress. Des QTL ont d'ores et déjà pu être identifiés pour la durée d'immobilité tonique chez la caille et la poule, et pour le comportement de picage chez la poule. Wysocki et coll. ont trouvé 4 gènes dont l'expression diffère entre 2 lignées commerciales présentant des fréquences de comportement de picage différentes.
B. Besbes a présenté un code de bonnes pratiques destinées aux sélectionneurs. Le but de ce code est de définir au mieux les pratiques d'élevage et les techniques de reproduction permettant de maîtriser la qualité des produits, de maintenir la diversité génétique, de limiter l'impact environnemental, et d'assurer la santé et le bien-être des animaux. Ce code repose sur les conclusions du projet SEFABAR (Sustainable European Farm Animal Breeding and Reproduction). Les compagnies adhérentes s'engagent à respecter le bien-être et la santé des animaux et à limiter au maximum leur souffrance et leur douleur. Elles doivent adapter leurs méthodes de sélection si l'environnement de production change, afin de s'assurer que les animaux qu'elles produisent seront bien adaptés au nouveau milieu. Elles doivent chercher à sélectionner de façon générale des animaux plus robustes, adaptables à des environnements variés. Enfin, elles cherchent à sélectionner les animaux pour une meilleure résistance aux maladies et une plus faible occurrence des défauts congénitaux.
Tableau 1. Estimation de paramètres génétiques de caractères liés au bien-être présentés durant le congrès.

Auteurs

Caractère

Héritabilité

Corrélation

Mielenz et coll.

Mortalité :
- cage individuelle
- cage collective

0.10-0.13 2
0.10-0.21

0.68-0.70 4 entre cage ind. et coll.

Bijma et coll.

Picage

0.07-0.20 2

Icken et coll.

Temps passé au nid :
- sans pondre
- avec ponte

0.14-0.30 1
0.43-0.51 1

Uitdehaag et coll.

Peur de l'objet nouveau

-0.28 à 0.07 3 avec le picage

Settar et coll.

Ponte des œufs dans les nids

0.39-0.44

Campo et coll.

Immobilité tonique

0.06-0.32

Hétérophile/Lymphocyte

0.13-0.59

Asymétrie

0.00-0.09

Kjaer et coll.

Sensibilité à l'ascite

0.31

NS ? 0 4 avec le poids

1 répétabilité (limite supérieure de l'héritabilité) ; 2 selon le modèle d'analyse génétique ; 3 corrélation phénotypique ; 4 corrélation génétique.
Enfin, la session s'est achevée par une discussion générale sur les possibilités d'utiliser la sélection comme outil d'amélioration du bien-être. La nécessité d'utiliser divers indicateurs a été mise en avant, car elle est nécessaire à une évaluation précise du bien-être. Les sélectionneurs présents ont également insisté sur l'importance de l'utilisation de critères simples, mesurables sur de nombreux animaux. Ils ont également mentionné que les corrélations génétiques avec les caractères de production étaient primordiales pour d'intégrer un nouveau critère dans les schémas de sélection. De plus, les critères de bien-être seront intégrés dans les schémas de sélection en plus des critères déjà existants, ce qui réduit le progrès génétique attendu sur chacun des caractères. Pour une efficacité optimale, il faut donc une collaboration forte entre éthologistes et généticiens pour aboutir à des propositions de critères ayant une réelle signification en terme de bien-être, et utilisable en pratique.
Modélisation
P. Bijma et coll. ont présenté une application du modèle développé par W. Muir, pour mieux estimer la valeur génétique d'un individu. En effet, le modèle classique définit la valeur d'un individu comme suit :
Performance de l'animal = GD + ED + I
où GD est l'effet génétique direct, ED l'effet d'environnement direct et I l'effet d'interaction génotype-environnement.
La nouveauté de ce modèle est de distinguer, dans le terme d'interaction, une partie d'origine génétique et une partie d'origine environnementale. La valeur d'un individu est alors :
Performance de l'animal = GD + ED + IG + IE
où IG est la part d'interaction d'origine génétique et IE celle d'origine environnementale.
Cela permet de prendre en compte une part de variabilité totalement ignorée jusque là, et qui est particulièrement importante pour les comportements sociaux. Appliqué aux données de l'expérience de sélection sur le picage de Kjaer, ce modèle a mis en évidence l'existence d'une variabilité importante due au facteur « congénères ». La prise en compte de cette variabilité, qui est estimée au double de la variabilité génétique totale, porte l'héritabilité à 0.20 au lieu de 0.07 avec le modèle traditionnel. L'utilisation de ce modèle, en particulier pour les comportements sociaux, devrait donc être développée.
Blanco et coll. ont présenté un modèle permettant d'évaluer les conditions environnementales pour lesquelles l'animal fournit un effort de thermorégulation minimal. Ce modèle a permis de montrer l'importance de la prise en compte de l'emplumement et de la pression de vapeur d'eau pour une estimation précise des conditions idéales.
Enfin, Mollenhorst et coll. ont présenté un modèle permettant de simuler le comportement des poules pondeuses comme une succession d'états (par ex. boire ou manger) et de transitions entre ces états. Cet outil pourrait être utile pour améliorer les systèmes d'élevage et a donné des résultats intéressants sur un premier fichier de données, mais demande à être vérifié sur d'autres animaux et dans d'autres conditions environnementales.
Outils
Thurner et coll. ont présenté un dispositif d'enregistrement automatique du comportement des poules pondeuses, à l'aide de transpondeurs placés sur la bague de la patte et de capteurs au niveau du nid. Ce dispositif permet l'enregistrement automatique du nombre de visites au nid et de leur durée, de la position du nid, de l'orientation de la poule dans le nid, du temps passé debout. Les œufs sont automatiquement attribués à la poule (0 à 25% d'erreur). Les sources d'erreur sont dues à l'entrée simultanée de deux poules dans le nid (1.4% à 13.9% selon les lignées). Ce dispositif est commercialisé (2-5 €/poule). Reiter et coll. ont utilisé le même système pour enregistrer automatiquement les déplacements des poules sur un parcours (nombre, durée, heure des sorties).
Références
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Comm. n°10607. S. OZKAN, S. YALCIN, Y. AKBAS, F. KIRKPINAR, Y. GEVREKCI,, L. TURKMUT. Effects of short day (16L:8D) length on broilers: some physiological and welfare indices .
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Comm. n°10863. S. SHINI, G.D. STEWART, A. SHINI, W.L. BRYDEN. Mortality rates and causes of death in laying hens kept in cage and alternative housing systems .
Comm. n°10204. S. THURNER, G. WENDL, R. PREISINGER. Funnel nest box: a system for automatic recording of individual performance and behaviour of laying hens in floor management .
Comm. n°10598. K.A. UITDEHAAG, J. KOMEN, T.B. RODENBURG. Plumage condition, fearfulness and their relation in 4 commercial lines of adult laying hens
Comm. n°10568. A.J. VAN DER ZIJPP, H. MOLLENHORST, P.B.M. BERENTSEN, I.J.M. DE BOER. Alternatives for the battery cage system: a comparison of economic, environmental and societal performance .
Comm. n°10573. M. WYSOCKI, R. PREISINGER, R. FRIES. Identification of candidate genes for feather pecking in chickens: evidence from behavioural and gene expression analyses .

3. Compte-rendu du 2nd symposium « Stress, Behaviour and Immune Response » organisé par l'Université de Greifswald, 9-11/11/2006, Greifswald, Allemagne

David Couret et moi-même avons bénéficié d'une aide du réseau Agri bien-Etre pour participer au symposium « Stress, Behaviour and Immune Response », organisé par l'Université de Greifswald et qui s'est déroulé du 9 au 11 novembre 2006 à Greifswald en Allemagne. Après une conférence d'ouverture prodiguée par Robert Dantzer et faisant office d'introduction à la neuroimmunologie, le symposium s'est déroulé sur deux jours. La première journée était consacrée à des présentations concernant le stress social et les dysfonctionnements qu'il génère au niveau du fonctionnement de l'axe corticotrope et du système immunitaire. La seconde journée avait pour thème le tryptophane, ses métabolites et ses conséquences sur le système nerveux central et le système immunitaire. Nous présentons ci-dessous un court résumé des interventions qui nous ont le plus marquées.
Arck P, Berlin: NeuroEndocrineImmune circuitry challenging pregnancy maintenance and fetal health. Lors de la grossesse, plusieurs mécanismes conduisent à la tolérance immunitaire de l'embryon par la mère, parmi lesquels le développement d'une réponse locale de type Th2 et l'augmentation du nombre de lymphocytes T suppresseurs. Cette équipe s'est intéressée aux conséquences d'un stress maternel pendant la gestation. Elle a montré qu'un stress précoce pendant la gestation chez la souris augmente le taux d'avortements. Ce phénomène est associé à un déséquilibre de la balance Th1/Th2, avec une production accrue de cytokines de type Th1 (inflammatoires) au niveau utérin, conduisant à un taux accru de rejet des embryons par le système immunitaire maternel. Hormis les hormones dont la sécrétion est classiquement accrue par le stress (glucocorticoïdes, catécholamines, neurotrophines), le stress chez la souris gestante conduit également à une chute des niveaux de progestérone, connue entre autres pour exercer un effet pro-Th2 sur les lymphocytes. Un apport de progestérone aux mères stressées en début de gestation diminue le taux d'avortements, probablement parce que cet apport rétablit un environnement utérin de type Th2. L'équipe s'est ensuite intéressée aux effets d'un stress prénatal sur la progéniture lors que celui-ci n'induit pas d'avortement. Elle a montré qu'un stress en milieu de gestation conduit à une susceptibilité accrue à l'allergie à l'âge adulte.
Phan KL , Chicago. Modulation of emotion circuits in human brain. Cette équipe a étudié par IRM l'activation du cerveau de sujets humains en réponse à la visualisation d'images génératrices d'émotions diverses. L'amygdale est activée en réponse à chaque image génératrice d'émotion (en comparaison avec des images laissant le sujet indifférent), et cette activation est supérieure dans le cas d'émotions déplaisantes (dégoût, peur) par rapport aux émotions plaisantes (joie). Les auteurs montrent ensuite que lors du contrôle cognitif de l'émotion (qui survient dans un second temps), on observe une activation du cortex frontal médian et une diminution de l'activation de l'amygdale. L'interprétation de ce résultat est que le cortex préfrontal module l'activité des régions limbiques lors du traitement cognitif des émotions négatives.
Sachser N, Münster: Social relationships and the management of stress. Ce scientifique s'est intéressé à la structure et à la régulation sociale des colonies de cochons d'inde. Dans des situations de densité élevée, les cochons d'inde s'adaptent en formant des sous-groupes possédant chacun leur structure hiérarchique et n'interagissant que très peu entre eux. Il a ensuite mis en évidence le rôle de l'apprentissage des règles sociales pendant l'enfance, en démontrant que des mâles élevés en colonie s'insèrent sans difficulté dans une nouvelle colonie, alors que l'intégration des mâles élevés en isolement, qui ignorent les codes sociaux, est beaucoup plus coûteuse physiologiquement et plus longue. Il a enfin montré que l'ontogenèse des aptitudes sociales se prolonge jusqu'à la puberté. Par exemple, chez le cochon d'Inde adolescent, la présence de n'importe quel congénère non agressif diminue la réponse de stress à un environnement nouveau, alors que chez l'adulte, seul le partenaire pour lequel une préférence sexuelle s'est développée est capable d'induire un apaisement.
Neumann I, Regensburg: Local effects of brain oxytocin on anxiety-related behaviour and neuroendocrine coping. Cette équipe a étudié chez le rat, par microdialyse d'ocytocine ou de son antagoniste, le rôle de l'ocytocine libérée au niveau de l'amygdale ou du noyau paraventriculaire hypothalamique (PVN) lors de situations de stress et a montré que l'ocytocine présente un effet anxiolytique (test du labyrinthe en croix surélevé). En particulier, l'administration de l'antagoniste de l'ocytocine à des femelles gestantes ou allaitantes augmente leur réponse d'anxiété. A ces 2 stades physiologiques, les femelles présentent une atténuation de la réponse de l'axe corticotrope au stress (perception réduite de la situation de stress, activation diminuée du PVN). L'inhibition de leur axe corticotrope résulterait en partie de l'action des niveaux élevés d'ocytocine lors de la lactation, puisque l'administration d'un antagoniste de l'ocytocine désinhibe l'axe corticotrope.
Schuett C, Greifswald: Tryptophan catabolism in chronic stress. La réponse inflammatoire conduit à la production de cytokines dites inflammatoires (dont le TNFa), qui ont pour effet d'induire l'enzyme IDO, qui catabolise le tryptophane vers la voie de la kynurénine. Dans le cerveau, l'activation d'IDO a pour conséquence de dévier le tryptophane de la voie de synthèse de la sérotonine. Ainsi, l'activation d'IDO est soupçonnée jouer un rôle dans l'étiologie de la dépression qui apparaît souvent chez les patients victimes de cancer ou d'hépatite C et traités avec des cytokines proinflammatoires. Cette équipe a montré qu'un stress chronique chez la souris (sessions de contention journalières associées à du bruit) diminue le ratio tryptophane/kynurénine dans le plasma, ce qui reflète une activation d'IDO par le stress, induit un comportement « depression-like » et altère certains paramètres immunitaires. L'administration de 1-methyltryptophane, un antagoniste de IDO, diminue les effets comportementaux et immunitaires du stress. L'équipe a ensuite montré que l'activation d'IDO par le stress dépendait d'un mécanisme impliquant le TNFa. Ainsi, le catabolisme du tryptophane par IDO pourrait jouer un rôle majeur dans l'évolution de l'état de stress vers la dépression, ainsi que dans la médiation des effets du stress sur la fonction immune.
Fallarino F, Perugia : Induction of T-regulatory cells by the combined effects of tryptophan starvation and tryptophan catabolites . Les travaux de cette équipe montrent qu'une population de cellules dendritiques murines (cellules CD8 + ) est capable d'exprimer IDO et de réguler ainsi la disponibilité locale en tryptophane et en kynurénine. La diminution de la disponibilité du tryptophane ainsi que l'augmentation de celle en kynurénine permet aux cellules dendritiques d'orienter les lymphocytes T avec lesquels elles coopèrent vers un phénotype de lymphocytes T régulateurs, et d'inhiber ainsi les lymphocytes cytotoxiques. L'activation d'IDO dans les cellules dendritiques est donc un mécanisme qui permet d'induire la tolérance immunitaire.
Commission of the european communitiies (2005) Laying down minimum rules for the protection of chicks kept for meat production. Com proposal 221 final.