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Dernière mise à jour : Mai 2018

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AgriBEA-Bien-Etre-Animal

Réseau Agri Bien-Etre Animal

(AgriBEA)

Lettre n°25 - Janvier 2007

Au sommaire : 1. Compte rendu du séminaire AgriBEA «Comportement normal, comportement anormal du 15/12/2006» 2. Réhabilitation des animaux de laboratoire

Préambule

Le comité de coordination vous souhaite tous nos meilleurs vœux de bien-être pour cette nouvelle année.
Trois temps forts ont marqué l'activité de notre réseau en 2006 : le séminaire sur la construction de normes bien-être et leurs conséquences en élevage (mars), le séminaire «Stress et Abattage» (juin) et le séminaire sur «Comportement normal, comportement anormal» (décembre) dont vous trouverez le compte-rendu dans cette lettre. Ces séminaires sont une occasion unique de faire connaissance ou d'approfondir un certain nombre de thématiques intéressant le bien-être animal et font intervenir des scientifiques d'horizons différents. Le fruit de cette animation scientifique, initiée depuis maintenant 8 ans, va être concrétisé sous la forme d'un ouvrage collectif édité par INRA Productions Animales à paraître courant 2007. Bien évidemment, nous comptons poursuivre cette activité d'animation scientifique étant donné le succès croissant de ces réunions.

Le prochain séminaire aura lieu au printemps 2007 et s'articulera autour de la question « Comment la science peut-elle répondre à des questions relatives au bien-être animal ? » Il sera organisé par J. Servière.

1. Compte rendu du séminaire AgriBEA «Comportement normal, comportement anormal du 15/12/2006»

I. Veissier a rappelé la notion de besoins comportementaux. Les animaux n'ont pas seulement des besoins physiologiques (manger, dormir) mais également comportementaux, c'est-à-dire qu'il existe une motivation pour exprimer certains comportements, en dehors des conséquences directes que ceux-ci peuvent avoir sur l'organisme. Lorsqu'un comportement pour lequel il existe une motivation positive ne peut être exprimé, il s'ensuit des réponses de stress, une surexpression du comportement lorsque celui-ci redevient possible ou encore des activités anormales (de substitution, stéréotypées ou à vide).

MA Richard, H. Benhajali et M Hausberger nous ont exposé la notion de répertoire comportemental et son expression en fonction des conditions de milieu. L'éthogramme est l'ensemble des comportements susceptibles d'être exprimés par les animaux d'une même espèce, quels que soient leur âge et sexe. Pour dresser l'éthogramme d'une espèce, il faut observer des animaux libres de leur mouvement, dans un environnement riche, en particulier offrant des contacts avec des congénères et des animaux d'autres espèces. Un répertoire comportemental est une partie de l'éthogramme comprenant les comportements servant la même fonction (ex : comportement sexuel) ou exprimés par un sous-groupe d'animaux (ex : répertoire des jeunes). Par rapport à cet éthogramme, , différentes modifications ont été observées : dans des environnements confinés, certaines activités ne sont pas exprimées par manque de place (ex : posture couchée avec les membres allongés, battements d'ailes). L'absence d'adultes peut rétrécir la variété des activités ; celle de congénères appropriés peut également être à l'origine d'activités anormales (ex : succions mutuelles chez les veaux élevés sans leurs mères, interactions agressives chez les poulains élevés en l'absence d'adultes). Enfin, l'expression d'un répertoire peut modifier celle d'un autre : chez les juments, la simple distribution de fourrage favorise les interactions affiliatives. Si, en général, ces modifications sont quantitatives et non qualitatives de nouveaux comportements peuvent apparaître, comme les stéréotypies (activités répétées, fixes dans leur forme et sans but apparent) généralement considérées comme le signe d'un mal-être. Elles sont observées chez les adultes. A l'opposé, les comportements de jeu sont plutôt considérés comme positifs et observés plutôt chez les jeunes. Ils présentent plusieurs des caractéristiques suivantes : combinaison de plusieurs séquences motrices de différents répertoires, exagération et répétition de ces activités motrices, modification de l'organisation des séquences comportementales, réciprocité entre les participants du jeu dans le cas d'un jeu social. Toutefois, la différence entre les comportements de jeu et les stéréotypies semble ténue. Des études longitudinales permettraient de faire le lien entre la propension à exprimer du jeu dans le jeune âge et des stéréotypies à l'âge adulte et de répondre au moins en partie à cette question.

L Kostal a dressé un aperçu des définitions, classifications et mécanismes sous-jacents des comportements anormaux. Il est très difficile de donner une définition d'un comportement anormal. Tout au plus peut-on s'entendre sur une liste de comportements qui sont jugés par la plupart des spécialistes comme anormaux. Il est cependant possible de s'appuyer sur la définition d'un comportement neurotique (Hebb 1947). Chez l'homme, il apparaît dans des conditions émotionnelles non désirables et suit parfois un traumatisme, une frustration ou un conflit ; il se généralise à partir de la situation initiale qui l'a provoqué ; il persiste ; il apparaît chez une minorité de personnes ; il constitue un changement important du comportement d'origine. Selon Davison et Nale, les comportements anormaux présentent une ou plusieurs des caractéristiques :

  • ils sont statistiquement rares (il est cependant difficile de distinguer un comportement rare et désirable d'un comportement rare et indésirable),

  • ils violent les normes (mais les normes peuvent varier en fonction des populations ou du temps),

  • ils sont associés à une détresse (ex : anxiété, dépression),

  • ils sont mal adaptatifs (ces comportements sont considérés comme des tentatives d'adaptation qui échouent, par ex les phobies peuvent être handicapantes),

  • ils sont inattendus (réponses différentes de celles que l'on attend dans le même contexte).

Ces critères semblent également valables chez l'animal. On peut citer : l'augmentation soudaine des agressions au sein d'un groupe en dehors de la période de reproduction, les stéréotypies (ex : mordillements de barres chez les truies), les comportements délétères (auto mutilations chez les primates, caudophagies chez les porcs, lissage excessif des plumes chez les oiseaux, …), les activités redirigées ou à vide (ex : mâchouillements à vide), l'apathie... La psychiatrie évolutive tente de comprendre pourquoi ces comportements ont été sélectionnés au fil des générations. Ainsi l'apathie permettrait à l'individu de fuir la situation à laquelle il est exposé je ne vois pas le lien avec cette approche de la psychiatrie. Certains comportements peuvent être vus comme une déviation pathologique d'un comportement pré-existant (ex : vraisemblablement les stéréotypies) Des modèles simples comme le modèle hydraulique de Lorenz (selon lequel la motivation à exprimer un comportement augmente jusqu'à l'apparition du stimulus déclencheur), le modèle de Wiepkema (fondé sur l'idée que la différence entre le milieu perçu et les attentes est source d'émotions) ou les modèles hédoniques (nous nous comportons de manière à maximiser notre plaisir à court terme et cette maximisation est généralement bénéfique sur le long terme) semblent suffire à expliquer l'apparition de la plupart des comportements anormaux.

A Butterworth a rappelé que certaines altérations de comportement constituent des signes précoces d'un état pathologique : diminution de l'activité générale et de la réactivité face à des stimuli extérieurs, baisse de l'appétit,… sont généralement associés à la fièvre. S'y ajoutent des symptômes spécifiques de gêne ou douleur sur une région précise (modification de la démarche lorsque des onglons sont trop longs, lors d'atteinte d'articulaire… ; positions antalgiques…). Il a souligné la difficulté de distinguer l'anormal du normal compte tenu de la variabilité entre individus des comportements (qui impose de considérer l'individu comme son propre témoin) et des modifications possibles du comportement en présence de l'homme (comme pour le lapin généralement inactif en présence d'un homme).

J. Servière nous a parlé de rythmes biologiques et de leurs modifications sous l'effet d'un stress. Le fonctionnement de l'organisme est rythmé par notre horloge circadienne interne qui se situe dans le noyau supra chiasmatique du diencéphale. Ainsi, la mélatonine est essentiellement sécrétée pendant la nuit alors que la température corporelle diminue, la GH est sécrétée de manière importante en début de nuit et le cortisol, en fin de nuit. Un ensemble de gènes dont le niveau d'activité varie de manière sinusoïdale constitue cette horloge dont le rythme endogène est de plus ou moins 24 h selon les espèces. Ces gènes sont synchronisés par des stimuli extérieurs (lumière, repas) et synchronisent à leur tour les horloges périphériques (a niveau du foie par exemple) au travers de la sécrétion d'hormones ou via le système nerveux autonome. La synchronisation des activités métaboliques est en effet indispensable au bon fonctionnement de l'organisme. Des stress répétés peuvent désorganiser les rythmes biologiques (niveaux élevés et moins variables du cortisol au cours de la journée, température corporelle mois variable, activité la nuit au lieu du jour …). Pour en savoir plus : Circadian clock functioning is linked to acute stress reactivity in rats Weibel L. et al., J. Biol. Rhythms 2002 ; SCN outputs and the hypothalamic balance of life, Kalsbeek A. et al, J. Biol. Rhythms 2006 ; Organization of circadian functions: interaction with the body Buiijs R., Segall L. et al , Prog Brain Res 2006.

MC Meunier-Salaün a insisté sur les activités orales redirigées et les stéréotypies et leur interprétation en termes de bien-être. Les premières sont liées à la non expression d'une activité alimentaire (absence de tétée chez les jeunes qui induit des succions entre jeunes) ou d'une activité d'exploration dans un milieu trop confiné et pauvre (caudophagie chez les porcs et picage chez les volailles qui diminuent lorsque l'on apporte des objets). Les stéréotypies peuvent être dirigées sur un substrat (ex : mordillement de barre), à vide (mâchouillement) ou exprimés dans l'espace (ex animaux qui font les 100 pas). Elles apparaissent dans des environnements non optimaux. Les stéréotypies orales pourraient être liées à la motivation à rechercher la nourriture, la motivation à manger, une digestion perturbée, une absence de soins maternels, une restriction spatiale. Mason et Latham (2004) discutent les liens entre stéréotypies et bien-être :
  1. certaines stéréotypies seraient un substitut d'un comportement normal servant à corriger une anomalie (ex : les jeux de langue induiraient plus de salivation et permettraient de réduire les effets négatifs de certains régimes) ;

  2. la répétition d'une activité peut avoir un effet calmant ;

  3. du fait de leur répétition, certains comportements deviennent des routines qui échappent à tout contrôle ;

  4. certaines pathologies, comme l'autisme, entraîne une dérégulation de l'ensemble des comportements.

Les stéréotypies de type 1 et 2 semblent positivement liées au bien-être d'un individu alors que les stéréotypies de type 3 et 4 sont le reflet d'un trouble plus ou moins sévère. Dans tous les cas cependant, les stéréotypies doivent être considérées comme un signal d'alarme.

2. Réhabilitation des animaux de laboratoire

De la part de Marie-Françoise LHEUREUX, fondatrice de l'association GRAAL :

« À une époque où les protocoles expérimentaux conduits par les unités de recherche françaises s'orientent vers l'application du principe des 3R, l'association nationale de défense animale GRAAL propose que soit ajouté un 4 ème R correspondant à la Réhabilitation des animaux de laboratoire en fin de protocole. Depuis maintenant deux ans, l'association GRAAL, fondée et dirigée par Marie-Françoise LHEUREUX, oeuvre au bénéfice d'une telle réhabilitation et a déjà mené plusieurs opérations pilotes dans la plus grande transparence et avec succès. Initialement destinés à l'euthanasie, alors que certains d entre eux sont parfaitement en état de poursuivre leur vie, les animaux sont confiés à des adoptants ou des structures d accueil spécialisées avec l'appui d'éthologues et de vétérinaires comportementalistes. La base du partenariat entre le GRAAL et les laboratoires repose notamment sur un contrat précisant les devoirs et responsabilités des deux parties, le transfert de propriété des animaux et leurs caractéristiques. Cette démarche a été portée à la connaissance des instances concernées dont plusieurs se sont montrées ouvertes à une telle proposition. Le GIRCOR soutient cette action. Sont concernés en premier lieu les animaux de compagnie mais également les animaux de ferme et la faune sauvage captive. Une cinquantaine de chiens et quelques animaux de ferme ont aujourd'hui bénéficié de cette démarche. »

Il nous semble important d'informer les installations et unités expérimentales de cette initiative qui nous semble contribuer au bien-être des animaux ; Le document complet d'information est disponible auprès d'Isabelle Veissier ; vous pouvez également contacter directement Marie-Françoise LHEUREUX .