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Publier la Science

Edito PLAS 12

Les cinq commandements d’Isaac Asimov pour trouver une idée géniale

Introduction de l'Editeur-en-Chef

Paradoxalement, l'aspect novateur d'une étude est rarement bien expliqué dans les articles scientifiques, alors que c'est bien l'originalité qui fait avancer la recherche. Ce simple défaut d'explication entraine le rejet à la soumission par les éditeurs puisque les examinateurs n'ont pas de proclamation nouvelle à juger. Or, dans un contexte de surabondance des publications scientifiques, il est crucial pour un auteur que l'innovation apportée par ses travaux soit facilement identifiable par l'éditeur, les examinateurs et les lecteurs. Cela suppose aussi que l'innovation soit bien discernée par l'auteur. Comment innover ? Comment trouver la bonne idée ? Comment identifier le résultat nouveau après les expériences ? Bien qu’il existe quelques méthodes, elles restent très limitées en raison du caractère aléatoire de la découverte scientifique. Tous les savants en témoignent : il y a une large part de flair, d’intuition et de hasard dans l’innovation. Ceci s’explique par la démarche scientifique qui consiste, autant que possible, à explorer un territoire inconnu, qu’il soit matériel ou conceptuel. Par conséquent le chercheur ne sait pas, a priori, ce qu’il va découvrir. Faut-il alors par sécurité n’explorer que les domaines connus ? Certainement pas car c’est le meilleur moyen pour générer des résultats dits incrémentaux, c’est à dire de petites avancées par rapport à l’existant, certes publiables mais petites. On peut aussi s’interroger sur notre système de publication qui encourage les recherches rapides et incrémentales puisqu’un évaluateur serait en quelque sorte rassuré par un territoire connu. Je vous invite donc à déguster l’éditorial ci-dessous de Robin Prudent, présentant la vision d’Isaac Asimov sur l’innovation scientifique.

Eric Lichtfouse

Article de Robin Prudent, Journaliste

Isaac Asimov

Isaac Asimov, en 1965
Phillip Leonian/Wikimedia Commons/CC

Qui ne rêve pas de trouver la bonne idée qui changera le cours de l’histoire ? Pour tenter de s’en approcher, les entreprises et les Etats multiplient les séances de brainstorming, sans pouvoir évaluer précisément leur efficacité. En 1959, l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov avait participé à des recherches collectives à propos d’un bouclier antimissile pour l’armée américaine. C’est son ami, le scientifique Arthur Obermayer, qui l’avait invité à se joindre à des sessions de réflexions autour du projet militaire de l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense. Asimov ne participa qu’à quelques réunions, de peur que sa liberté d’expression ne soit limitée par les informations confidentielles qu’il allait devoir traiter. Mais ce passage ne fut pas anodin, puisqu’il laissa derrière lui un texte en anglais sur la créativité. Plus d’un demi-siècle plus tard, son ami scientifique est retombé dessus et a décidé de le publier. Voici ses principaux conseils qu’il donne pour faire émerger une idée géniale.

1. Rassembler des connaisseurs et des excentriques

Pour Isaac Asimov, le processus de créativité est similaire dans tous les domaines de recherche. La grande idée ne sort pas de nulle part, mais d’une connexion inattendue de plusieurs faits ou idées déjà étudiés. Pour faire émerger un concept inédit, il faut donc rassembler des personnes ayant des connaissances fines du sujet en question et d’autres qui n’ont pas peur de proposer des rapprochements un peu fous. Si cette connexion n’a pas nécessité d’audace, c’est qu’elle n’est qu’une idée corollaire à une idée plus ancienne. Une grande innovation ne devient raisonnable qu’après avoir émergé.

2. Créer une ambiance de travail ouverte aux réflexions stupides

Une fois les bonnes personnes rassemblées autour d’une même table, rien n’est encore gagné. Isaac Asimov cherche alors le moyen de les persuader de laisser libre cours à leur imagination. Pour cela, il faut une grande liberté de ton et de propos. Le plus important est de laisser une certaine quiétude et permissivité. Le monde, en général, désapprouve la créativité, et être créatif en public est particulièrement mal vu. Même émettre une supposition en public semble inquiétant. En session de réflexion, les personnes doivent avoir le sentiment qu’on ne les désapprouvera pas. Ainsi, deux types de personnes doivent être écartés de ces sessions : ceux qui ne seraient pas prêts à entendre des idées stupides et déstabiliseraient ainsi les autres ; et ceux qui auraient une réputation à ne pas perdre ou une autorité trop forte et réduiraient l’assemblée à une obéissance passive. L’écrivain insiste : même si ces personnes sont individuellement très intéressantes, elles risquent de neutraliser les autres.

3. Pas plus de cinq participants en même temps

Isaac Assimov met aussi en garde contre la volonté de multiplier les membres de ces sessions de réflexions. Le nombre optimal de personne dans chaque groupe ne doit pas être très élevé. Pas plus de cinq personnes ne sont nécessaires. Un nombre plus élevé de personnes permettrait d’apporter davantage d’informations, mais la tension créée par l’attente de pouvoir s’exprimer peut devenir très frustrante. L’auteur préconise donc de faire varier les participants plutôt que d’imposer la venue de tout le monde, en même temps.

4. Cultiver l’informel et éliminer le sentiment de responsabilité

Malgré le caractère très sérieux des recherches militaires auxquels il participe, Isaac Asimov préconise de cultiver une certaine légèreté dans ces sessions de recherche : ‘La jovialité, l’usage des prénoms, les blagues, sont – je pense – à l’origine des idées. Pas en eux-mêmes, mais parce qu’ils participent à l’enthousiasme qui doit accompagner de la folie créatrice.’ Ainsi, il délaisse volontiers les salles de conférences austères pour réunir les groupes chez l’un des participants ou autour d’un dîner au restaurant. De plus, le fait de se sentir coupable de ne pas avoir eu une de bonne idée est la manière la plus sûr de ne jamais faire émerger cette bonne idée. ‘La chose qui inhibe le plus cette créativité, est sûrement le sentiment de responsabilité. Les plus grandes idées des derniers siècles sont venues de personnes qui n’étaient pas payées pour avoir cette idée. Les idées sortent des portes secondaires.’

5. Trouver un psychanalyste et un arbitre

Pour faire émerger des idées enfouies profondément, il faut aider les participants à stimuler leur créativité. ‘Il faut qu’une personne ait un rôle proche de celui du psychanalyste, c’est-à-dire poser les bonnes questions pour laisser les personnes parler de leur passé afin d’obtenir de nouvelles connaissances.’ Les sessions de réflexions collectives ne doivent pas non plus être en dehors de toutes règles. Pour cela, un autre personnage clé doit être présent : l’arbitre. Selon Isaac Asimov, celui-ci doit poser des repères dans le débat et guider les réflexions vers le sujet central. Si vous respectez ces règles, les dispositifs artificiels pour stimuler la créativité ne vous seront plus être nécessaires selon l’auteur. Les idées ne devraient pas tarder à arriver.

Article reproduit avec l’aimable permission de l’auteur et de la rédaction de Rue89.
Référence : http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/21/les-cinq-commandements-dissac-asimov-trouver-idee-geniale-255610, publié le 21/10/2014 à 16h03