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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Edito PLAS 21

Le peer review à l’ère de l’open science : enjeux et évolutions

Sabrina Granger
Unité régionale de formation à l'information scientifique et technique, Université de Bordeaux
Martine Courbin-Coulaud et Catherine Scotton
Inria

L’unité régionale de formation à l’information scientifique et technique de Bordeaux a organisé le 27 mars 2018 une journée d’étude dédiée aux évolutions du peer review à l’ère de l’open science [1], en partenariat avec le Centre Inria Bordeaux - Sud-Ouest, la délégation Aquitaine du CNRS et l’Université de Bordeaux.

Lent, biaisé, opaque, le peer review est accusé de nombreux maux par les chercheurs (Smith, 2006 cité par Rougier, N. [2]). En parallèle, les revues sont confrontées à une pénurie de reviewers, en raison, entre autres, de la faible prise en compte dans leur évaluation au regard de l’important investissement consacré. De plus, le caractère fortement interdisciplinaire de la recherche et l’hétérogénéité des contenus à évaluer (data sets, code, etc.) nécessitent de faire appel à des panels élargis d’experts. Si la crise est donc profonde, les pratiques inhérentes à l’open science favorisent l’émergence de formes alternatives d’évaluation et de publication.

La transparence est-elle synonyme d’un dialogue ouvert entre auteurs et reviewers ? Les sociologues D. Pontille et D. Torny ont invité à considérer avec prudence la question de la levée de l’anonymat des reviewers d’autant que les modalités d’évaluation, pour une même revue, peuvent évoluer.

La question de la transparence s’entend aussi sous l’angle de la qualité des méthodes. H. Maisonneuve a présenté les registered reports, une forme de publication préliminaire du protocole évaluée par des reviewers. Une fois les méthodes validées, le chercheur peut alors conduire les expérimentations et soumettre le manuscrit comportant les conclusions et qui fera l’objet d’une nouvelle évaluation. Il s’agit de limiter ainsi l’impact des biais statistiques engendrés notamment par la sélection de résultats.

Emergent Scientist, revue fondée par A. Raoux et D. Suchet, propose pour sa part aux auteurs de publier les hypothèses non fructueuses. Le dialogue entre auteurs et reviewers s’en trouve facilité. L’objectif de la revue, et son originalité, est de former les étudiants à la publication scientifique par la pratique en leur permettant d’être auteurs et reviewers.

Si ces formes éditoriales participent à une recherche plus transparente, comment s’articulent-elles avec les modèles éditoriaux classiques ? Les revues ayant adopté les registered reports, soit systématiquement en amont de la soumission des manuscrits, soit dans le cadre d’un numéro spécial, sont de plus en plus nombreuses, comme en atteste le site du Centre pour l’Open science [3].

Les chercheurs proposent aussi des alternatives. Ainsi, D. Bourguet, B. Facon et T. Guillemaud ont conçu Peer Community In (PCI), un système gratuit d’évaluation de pre-prints qui permet aux auteurs de disposer de rapports sur leurs travaux, sans contrainte de publication dans une revue donnée. Une fois le pre-print validé, son auteur peut ou non le soumettre à la revue de son choix. En déconnectant l’évaluation de l’article de sa publication (« third party peer review »), l’objectif des fondateurs de PCI est d’inciter les auteurs à se détourner du modèle de publication classique au profit de la voie verte du libre accès: le pre-print recommandé et les recommandations sont citables et publics [4]. Externaliser l’évaluation des manuscrits minore ainsi la valeur ajoutée des revues.

Les instances d’évaluation tiennent progressivement compte de ces évolutions. Ainsi, la section 29 du CNRS [5] met sur un plan d’égalité un pre-print validé via PCI et un article publié dans une revue. Par ailleurs, les recommandations de PCI peuvent constituer des outils d’aide à la décision pour les évaluateurs car elles synthétisent les points forts des textes.

Le retour d’expérience d’I. Bernal, du conseil national supérieur de la recherche espagnol (CSIC), a aussi démontré qu’une meilleure prise en compte du peer review par les instances d’évaluation constitue un prérequis pour faire évoluer les pratiques. En 2016, dans le cadre d’un partenariat avec Open Aire, I. Bernal a piloté le déploiement d’un module d’open peer review dans l’archive institutionnelle du CSIC. Si le principe de l’open peer review de tout type de document déposé dans l’archive a reçu un accueil favorable des chercheurs, le manque de reconnaissance de cette activité aussi a suscité des réticences de ces derniers.

En amont de la question de la valorisation, se pose celle de la traçabilité des activités de reviewing. Ainsi, la plateforme Publons, interfacée avec Orcid, est dédiée au recensement des reviews. Les reviewers peuvent aussi diffuser leurs rapports s’ils le souhaitent, obtenir des indicateurs sur leur activité et celle de reviewers dans le même domaine. Si Publons répond à un besoin avéré, son acquisition en 2017 par Clarivate Analytics, détenteur du Web of Science, a suscité des interrogations ainsi que l’ont souligné F. Débarre, F. Lotte, N. Rougier et O. Sandre, chercheurs invités à témoigner de leur usage de Publons. Participants et intervenants ont évoqué la nécessité de mieux valoriser l’activité de reviewing tout en exprimant la crainte de dérives liées à l’utilisation d’indicateurs quantitatifs.

Les innovations dans le peer review bouleversent l’édition scientifique, mais bien plus encore. Ces nouvelles formes d’évaluation questionnent le processus même de validation de la recherche, ainsi que l’ont souligné D. Pontille et D. Torny : la validation des travaux s’effectue sur un temps plus long et par des canaux multiples. L’étape du peer review ne constitue plus un marqueur aussi fort dans le cycle de vie de l’article, notamment sous l’influence du nombre croissant de rétractations et d’alertes lancées via une plateforme comme PubPeer. Cette nouvelle temporalité de la validation questionne le rapport à la production scientifique au sein de la communauté des chercheurs mais aussi, et peut-être a fortiori, avec le public non académique. Comment médiatiser auprès d’un public en demande de résultats fiables un processus dont le caractère itératif est renforcé par les évolutions de ses méthodes de validation ? Comme rappelé par A. Raoux, il est urgent de former les étudiants aux procédures de l’édition scientifique, à l’heure où ces publics n’établissent que difficilement des frontières entre science et pseudo-science.

 

[1] Consulter le programme : http://weburfist.univ-bordeaux.fr/le-peer-review-a-lere-de-lopen-science-enjeux-et-evolutions/

[2] Synthèse du grand témoin de la journée : https://framadrive.org/s/Kp6LXE94fdtScXF#pdfviewer

[3] https://cos.io/rr/

[4] Ex. de recommandation : https://evolbiol.peercommunityin.org/public/rec?id=111

[5] Biodiversité, évolution et adaptations biologiques : des macromolécules aux communautés