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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Publier la Science

Edito PLAS 22

Vision croisée de la publication scientifique d'Etienne Derat et Erwin Dreyer...

Pour ce numéro 22 de Publier la Science, nous avons choisi d'inviter deux experts à présenter leur vision croisée de la publication scientifique. Tout d'abord, Etienne Derat, chercheur à l'Université de la Sorbonne, développera la tribune qu'il a récemment publiée dans le journal Le Monde avec d'autres scientifiques européens, afin d'exprimer leurs inquiétudes sur les contraintes du Plan S, plan européen d'obligation à publier en open access. Erwin Dreyer, Directeur de recherches à l'INRA et Editeur en chef de la revue Annals of Forest Science, fortement impliqué dans la réflexion "Publier Autrement" au sein de l'INRA, présentera quant à lui sa vision du rôle important des éditeurs scientifiques dans l'accompagnement de l'adaptation de la publication à la science ouverte, quitte à voir un jour disparaitre les revues scientifiques.

Deux points de vue qui montrent combien la publication scientifique dans le contexte de l'open science est un sujet brûlant.

Nous vous souhaitons une bonne lecture !

L’équipe CAPS

Publications : les pièges du Plan S

Dr. Etienne Derat, Sorbonne Université
Pr. Lynn Kamerlin, Uppsala University
Pr. Bas de Bruin, Universiteit van Amsterdam

Début septembre, la commission européenne a lancé une initiative dénommée « Plan S », visant à étendre le libre accès aux publications scientifiques. Nous, chercheurs de toutes disciplines, soutenons l’idée d’un libre accès au savoir scientifique mais nous nous interrogeons sur l’implémentation du « Plan S » [1]. Ce plan prévoit d’exiger, d’ici janvier 2020, que les résultats de recherche soient publiés dans des journaux scientifiques en libre accès pour les lecteurs (mais demandant aux auteurs des frais de publications), alors que, pour la plupart, ils sont aujourd’hui accessibles seulement après une souscription par abonnement. En ce qui concerne la France plus particulièrement, ce plan a été approuvé par deux organismes de financement majeurs : l’ANR et l’ERC. Les conséquences du Plan S sont nombreuses, et risque de créer des situations ingérables et indésirables pour le maintien de la qualité de la recherche. En outre, cette implémentation a été conçu sans l’avis de la communauté des chercheurs. Une pétition circule actuellement suite à ces premières prises de position [2]. Nous allons maintenant énumérer les points qui nous paraissent les plus problématiques.

Le bannissement des publications dans les journaux hybrides édités par les sociétés savantes

Le Plan S interdira aux chercheurs financés par les institutions partenaires de ce plan de publier leurs résultats dans les journaux hybrides, c’est-à-dire, publiant à la fois des articles payants et des articles en libre accès. Si, en outre, ces institutions ne financent plus les abonnements aux sociétés savantes publiant ces journaux, tels que l’American Chemical Society (ACS), la Royal Society of Chemistry (RSC) ou ChemPubSoc Europe, les chercheurs européens seraient privés de tout accès à une partie majeure du panorama de la recherche. Cette hypothèse n’est pas purement théorique, le fonds néerlandais pour la recherche (NWO) ayant déjà indiqué qu’il transfèrerait les fonds actuellement utilisés pour les abonnements vers le paiement des frais de publication (article processing charges APC) découlant de Plan S. Dans certains domaines comme en chimie, cela représente plus de 85% de la production scientifique, et plus particulièrement celle de très bonne qualité ! Le bannissement des journaux des sociétés savantes, qui ont servi d’épine dorsale à la construction de la science moderne, ne nous semble pas acceptable.

Le reste du monde ne suivra pas les directives de Plan S

Les Etats-Unis d’Amériques, la Chine et le reste de l’Asie, l’Inde en particulier, se fondent sur les sociétés savantes pour évaluer la qualité de la recherche. L’Allemagne ainsi que la Suisse ont déjà indiqué qu’elles ne se conformeront pas aux directives de Plan S, tel qu’elles sont actuellement formulées. La Belgique ne suivra pas non plus, et s’est engagée dans une autre voie pour le libre accès. L’Espagne n’a aucun organisme de financement impliqué dans Plan S. Par conséquent, il y a désormais un grand risque que le monde scientifique, pourtant très globalisé, se scinde en deux, avec d’un côté une minorité de chercheurs financés sous « Plan S » et d’un autre le reste du monde. Cela signifie qu’un certain nombre de collaborations ne se feront pas ou plus, car le reste du monde voudra continuer à publier librement dans les journaux de haute qualité des sociétés savantes. Par exemple, cela pourra avoir comme conséquence que des étudiants brillants ne viendront plus étudier en Europe s’ils ne peuvent pas publier dans les journaux de référence leur permettant ensuite d’obtenir un poste. En outre, si les communautés sont scindées et si les chercheurs extra-européens refusent de référer les articles soumis par les chercheurs européens, il y a un fort risque d’endogamie pour la recherche européenne. Tout cela semble fortement indésirable pour la recherche européenne.

Augmentation des frais de publication

Nous sommes concernés par l’explosion des coûts des souscriptions aux journaux et la situation actuelle n’est plus tenable. Néanmoins, en se focalisant sur un modèle de publications de type Gold OA, le Plan S prend le risque de voir les frais de publications par article augmentés très fortement, du fait du monopole induit par les obligations de Plan S. En fait, rien n’éliminera les frais actuels de publication scientifique, ils seront juste déplacés de la lecture (pay to read) vers la publication (pay to publish). Il semble évident que cela profitera essentiellement aux maisons d’édition indélicates ou prédatrices, qui pousseront à la publication des articles scientifiquement les moins pertinents mais qui permettront de générer du chiffre d’affaires et donc in fine des bénéfices. Est-ce là le but de la recherche scientifique et des financeurs qui la soutiennent ?

Le Plan S ignore les différences entre les communautés scientifiques

Le plan S aura des effets plus ou moins marqués en fonction des disciplines. Est-il si difficile que cela d’adapter des principes généraux de libre accès à la réalité du terrain ? Il nous semble que cela aurait été possible en consultant les chercheurs avant de proposer une implémentation.

En résumé, le Plan S constitue une sérieuse violation des libertés académiques. Ces libertés ont été conquises au 12e siècle par la Sorbonne afin d’empêcher le pouvoir royal d’interférer dans la vie intellectuelle du quartier latin. Il semble a posteriori que ce fut profitable pour tous. Réduire l’accès aux publications scientifiques de qualité des sociétés savantes aura des conséquences directes sur la vie quotidienne des chercheurs européens, principalement au niveau des collaborations internationales et de l’accès aux travaux publiés en dehors de Plan S (Non, SciHub ou tout autre site web de « partage » n’est pas une solution pérenne…). Des solutions légales existent et sont facilement implémentables : on peut penser en particulier aux différents serveurs de preprints qui pourraient être soutenues par les financeurs et où l’on permettrait aux chercheurs de modifier les versions en fonction des remarques des rapporteurs. Mais pour l’instant, tout cela n’est pas possible selon les dix règles de Plan S.

[1] https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/10/09/publications-scientifiques-les-pieges-du-plan-s_5366576_1650684.html
[2] https://sites.google.com/view/plansopenletter/home

NDLR : à lire également : Plan S: A Mandate for Gold OA with Lots of Strings Attached https://scholarlykitchen.sspnet.org/2018/12/07/plan-s-a-mandate-for-gold-oa-with-lots-of-strings-attached/

Aurons-nous encore besoin de journaux ?

Erwin Dreyer, Directeur de Recherche Inra et Editeur de « Annals of Forest Science »

Des appels récents et convergents nous rappellent une exigence croissante de respect des principes de « Science Ouverte » dans le cas de projets de recherche soutenus par des financements publics. La commission européenne, le gouvernement français, nos établissements nous incitent fortement à inscrire nos activités de recherches dans un cadre de « Science ouverte ». Dans le cas de l’Inra par exemple, cette exigence a été exprimée dans le document d’orientation 2025 de l’institut (http://2025.inra.fr/openscience/). La Science Ouverte concerne tous les aspects de la pratique scientifique, depuis le démarrage d’un projet de recherche jusqu’à la publication finale en passant par la gestion des données, la diffusion des protocoles de recherche, etc… Le développement de la Science Ouverte passe nécessairement par une mobilisation d’outils numériques de plus en plus puissants.

Les éditeurs scientifiques, c’est-à-dire les scientifiques responsables de la vie des revues scientifiques, se posent de nombreuses questions sur la mise en œuvre de la science ouverte dans leur domaine d’activité. Croire que les exigences de la science ouverte pourront être remplies simplement en passant d’un modèle de publication dans des revues accessibles par abonnement à un modèle de publication en accès libres avec un paiement à la publication (le « fameux gold open access ») est une illusion. Certaines maisons d’édition (publishers) défendant leur modèle économique et leurs revenus essaient de nous faire croire en cette illusion et proposent déjà des services en ce sens en lançant des revues « Open Access ». De fait, nos pratiques de publication de la science seront nettement plus impactées que cela. Plusieurs aspects de la science ouverte nous questionnent d’ores et déjà :

  1. Le mouvement des « pré-prints » consiste à déposer des manuscrits sur un serveur dédié pour qu’ils soient évalués par des pairs. Ce mouvement reste encore minoritaire dans les sciences de la vie alors qu’il est très développé en physique. Il est néanmoins en train de révolutionner la manière de diffuser la science. Le fait que de plus en plus de journaux sont disposés à publier des articles ayant déjà fait l’objet d’un dépôt sur un serveur est une réelle révolution dans l’édition scientifique, et pose la question de la valeur ajoutée apportée par les journaux ;
  2. Le système d’évaluation de la qualité des manuscrits par des pairs sous couvert du secret devient obsolète. Le « peer reviewing » classique, avec ses faiblesses, laisse progressivement la place à une pratique ouverte et transparente avec des serveurs spécialisés ou des pages dédiées sur les sites des journaux. Un des enjeux est la valorisation de ce travail important réalisé par des chercheurs ; actuellement, ce travail reste encore souvent méconnu, peu visible si ce n’est par les auteurs de manuscrits, et donc peu gratifiant pour les chercheurs. Le passage à un système de « peer reviewing » plus ouvert, même s’il pose de nombreuses questions de déontologie, sera un excellent moyen de valoriser ce travail. Il permettra également d’éviter les dérives dont souffre le système actuel, qui pèse sur les épaules des éditeurs et des relecteurs. Mais dans tous les cas, un contrôle de la qualité des informations scientifiques mises en ligne et/ou publiées est une exigence absolue, sans laquelle nous verrions la science sombrer dans une dérive de pseudo-science dans laquelle toutes les informations ont le même poids quelle que soit leur validité scientifique ;
  3. L’ouverture des données et l’exigence croissante d’accès libre aux données sur lesquelles s’appuient les articles scientifiques est un autre volet de cette évolution. Les données sont précieuses, doivent pouvoir être réutilisées et doivent donc répondre aux critères FAIR (Findable, Accessible, Inter-operable and Reusable) définis par l’Europe et en cours de généralisation. En tant qu’éditeurs scientifiques, nous nous devons d’être très attentifs à cette question;
  4. La diffusion large de contenus validés mais ouverts, permettant le moissonnage de textes et de données, est l’avenir de l’édition scientifique. Cela passe par des procédures d’accès libre aux contenus des articles et par des dépôts des articles publiés dans des dépôts institutionnels comme HAL en France.

Au regard de ces évolutions, il m’arrive de me poser la question existentielle : « aurons-nous encore besoin de journaux » ? Ne pourrons-nous pas nous contenter de plateformes virtuelles de diffusion des résultats scientifiques validées par les pairs sans passer par des journaux et surtout sans passer par des opérateurs privés réalisant de substantielles marges pour certains d’entre eux ? En tant qu’éditeur d’un journal qui se veut répondre peu ou prou aux critères du « green open access » tout en étant publié par un leader mondial de l’édition scientifique, il m’est très difficile de répondre à cette question. Il m’est surtout difficile d’avoir une visibilité à moyen terme sur les évolutions de la pratique de l’édition scientifique. Je suis convaincu que de nombreux collègues scientifiques éditeurs de journaux partagent la même inquiétude et le même malaise.
La réponse que nous pouvons apporter en tant qu’éditeurs scientifiques est finalement assez simple : il faut innover le plus possible dans nos pratiques d’édition, intégrer graduellement mais volontairement les principes de la science ouverte. Cela comprend plusieurs actions : (i) veiller à ce que les contenus puissent être mis à disposition libre sans qu’il y ait d’accaparement par des entreprises privées souvent professionnelles dans leurs pratiques mais destinées malgré tout à dégager de substantielles marges ; (ii) veiller à progresser dans l’ouverture du processus d’évaluation ; (iii) travailler en collaboration avec des serveurs de préprints ; (iv) apporter aux auteurs et aux lecteurs des services de qualité permis par les outils numériques et susceptibles de favoriser la diffusion des connaissances ; (v) favoriser l’accès libre aux données associées aux articles et diffuser des « data papers » ; (vi) permettre la publication de résultats « négatifs » ; (vii) être vigilant sur la reproductibilité des résultats publiés ; (viii) mettre en avant des standards de qualité, d’éthique et de déontologie partagés et exigeants. Cela fait déjà de nombreuses actions que nous pouvons et devons mener dans le cadre de nos journaux actuels et dans le cadre de l’évolution vers de nouveaux modes d’édition scientifique.
C’est une évolution exigeante que nous devons promouvoir, en mettant en avant la qualité de la science et la confiance que la science doit susciter auprès des décideurs et du public. Cette exigence peut s’exprimer dans différents modèles économiques de publication, dans différentes voies d’évolution. Dans tous les cas, nous ne pouvons pas rester inactifs face aux changements en cours, mais nous devons les porter. Et tant pis si un jour nos bons vieux journaux disparaissent dans leur forme actuelle. N’ont-ils pas déjà changé radicalement depuis l’ère de Gutenberg ? « Annals of Forest Science », le journal dont je m’occupe depuis une dizaine d’années, a-t-il encore grand-chose en commun avec la version des Annales des Sciences Forestières des années 60 ? Certes très peu. Et il est en évolution permanente.
Les exigences de la société changent par rapport à la diffusion des résultats de recherche ? Eh bien, les éditeurs scientifiques se doivent d’être les moteurs de ces changements et de proposer des évolutions continues de nos pratiques en interaction avec les auteurs, les lecteurs, les professionnels de l’édition. Nous vivons une époque formidable !