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Consommation d’alcool et risque pour la santé : quelles sont les recommandations 2017 de l’avis d’experts coordonné par Santé publique France et l’INCa ?

03 juillet 2017

Consommation alcool France avis des experts 2017
© fotolia/freshidea, 2017
L’Institut National du Cancer (INCa) et l’agence Santé publique France ont coordonné une expertise publiée le 4 mai 2017, proposant une révision des repères de consommation d’alcool, qui est l’une des dix recommandations de l’avis d’experts pour renouveler le discours public français sur l’alcool.

Contexte et objectif

La récente révision des repères de consommation d’alcool par plusieurs pays, la promulgation en janvier 2016 de la Loi de modernisation du système de santé et la publication en juin 2016 d’un rapport de la cour des comptes* ont conduit la Direction Générale de la Santé et la Mission interministérielle de lutte contre les conduites addictives (MILDECA) à saisir en juin 2016 l’INCa et Santé publique France.

L’objectif de cette saisine était d’obtenir des recommandations pour renouveler le discours public sur l’alcool en France, tenant compte :

  • du besoin d’un discours clair et homogène sur le sujet ;
  • de la méconnaissance par le grand public des dommages liés à l’alcool, notamment en matière de cancer ;
  • de l’importance d’engager une réflexion sur les modalités de communication des pouvoirs publics sur la consommation d’alcool ;
  • de la nécessité d’aboutir à des propositions opérationnelles adaptées au contexte français.

*Les politiques de lutte contre les consommations nocives d’alcool, Cour des comptes, Juin 2016.

Méthodologie

L’élaboration des recommandations a été effectuée par un groupe d’experts indépendants, ayant préalablement répondu à un appel à candidatures de Santé publique France. Ce groupe d’experts s’est appuyé sur :

  • les données de la littérature et de la documentation scientifique ;
  • l’audition des parties prenantes qui produisent des discours publics, et d’experts extérieurs ;
  • une analyse de la situation française en termes de niveaux de consommation, d’historique réglementaire, et d’impact de la publicité sur les jeunes ;
  • deux travaux : La modélisation réalisée par le CAMH** de Toronto permettant « L’estimation du risque absolu de mortalité de la population française en fonction des différents niveaux de consommation », et une étude qualitative réalisée par l’Ifop*** sur les « Perceptions actuelles de la population française sur la consommation d’alcool, la connaissance et la compréhension des recommandations officielles ».

**Centre de toxicomanie et de santé mentale
***Institut français d’opinion publique

Les dix recommandations

Recommandations sur les conseils à délivrer au grand public en termes de consommation d’alcool

  1. Informer le grand public sur les risques liés à la consommation d’alcool pour la santé à court terme et sur la vie entière, qui augmentent avec la quantité consommée.

Recommandations sur les stratégies de prévention

  1. Assurer une notoriété importante des nouveaux repères auprès du grand public ;
  2. Renforcer les informations sanitaires obligatoires (publicités et contenants), mettre en place des stratégies publiques de prévention innovantes, notamment avec des campagnes de marketing social ;
  3. Informer et sensibiliser les professionnels de la santé et du secteur médico-social sur ces nouveaux repères de consommation et les outiller pour faire face aux risques liés à la consommation d’alcool.

Recommandations sur le rôle et le discours des pouvoirs publics

  1. Taxer les boissons alcoolisées proportionnellement à la quantité d’alcool et non pas en fonction du type de boisson alcoolisée ;
  2. Construire une politique publique cohérente, tenant compte de la prévention des dommages sanitaires et sociaux et du développement économique des filières concernées ;
  3. Créer un fond dédié aux actions publiques de prévention et de recherche dans le domaine de l’alcool, partiellement financé par les taxes sur l’alcool ;
  4. Modifier l’avertissement réglementaire obligatoire actuel sur les publicités pour l’alcool par « Toute consommation d’alcool comporte des risques pour votre santé » et empêcher les annonceurs d’ajouter un autre message à celui imposé par la loi ;
  5. Faire figurer sur l’étiquette des boissons alcoolisées les informations suivantes : le nombre de verres standard (correspondant à 10 grammes d’alcool), le nombre de calories par verre standard, un avertissement sanitaire et un pictogramme plus visible pour les femmes enceintes ;
  6. Renforcer l’encadrement de la publicité pour les boissons alcoolisées sur internet, en tenant compte des évolutions et des usages de ce support.

Comment limiter les risques pour votre santé ?

En cas de consommation, les experts recommandent, aussi bien pour les hommes que pour les femmes :

  • de ne pas consommer plus de 10 verres par semaine et pas plus de 2 verres par jour ;
  • d’avoir des jours dans la semaine sans consommation.

De plus, pour chaque occasion de consommation :

  • de réduire la quantité totale d’alcool que vous buvez à chaque occasion ;
  • de boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau ;
  • d'éviter les lieux et les activités à risques ;
  • de s’assurer que vous avez des personnes que vous connaissez prés de vous et que vous pouvez rentrer chez vous en toute sécurité.

Enfin, l’option la plus sûre est de ne pas consommer d’alcool dans les cas suivants :

  • les femmes envisageant une grossesse, enceintes ou qui allaitent ;
  • les jeunes et les adolescents ;
  • la conduite automobile, la manipulation d’outils ou de machines, la pratique de sports à risque, la consommation de certains médicaments, et l’existence de certaines pathologies.
alcool verre standard

Pour rappel, un « verre standard » contient 10 grammes d’alcool pur, quel que soit le type de boisson alcoolisée (vin, bière, spiritueux).

Conclusion

Comme au Canada (2011) ou en Grande-Bretagne (2016), les experts français ont revu à la baisse les nouveaux repères de consommation d’alcool, notamment en raison des risques de survenue de certains cancers (voies aéro-digestives supérieures, œsophage, côlon-rectum, foie, sein) liés à une consommation d’alcool (INCa, 2015), négligés dans les précédentes recommandations.

En plus de ces nouveaux repères, les experts soulignent l’importance que le discours public soit mieux entendu et unifié entre les différents ministères et institutions, et cohérent avec la réglementation. Pour ce faire, ce discours doit inclure des actions sur la fiscalité, la disponibilité des produits et leur promotion, ainsi que des actions d’éducation, de communication et de marketing social auprès du grand public.