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Evolution des habitudes alimentaires et des modes de consommation en France

26 septembre 2017

Etude INCA3 consommations alimentaires France
© Fotolia/Bank-Bank, 2017
Les Français consomment plus de produits transformés et de compléments alimentaires, trop de sel, et pas assez de fibres. Ces conclusions proviennent de l’étude INCA 3, publiée en juillet dernier par l’Anses.

Les études INCA

Les études individuelles nationales des consommations alimentaires (INCA), réalisées tous les sept ans depuis 1998 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), fournissent des photographies successives des habitudes et des consommations alimentaires de la population résidant en France métropolitaine. Elles apportent aussi des informations sur le statut pondéral, la pratique d’activité physique et le niveau de sédentarité.

Méthodologie

L’étude INCA 3 a été menée entre février 2014 et septembre 2015, en collaboration avec l’agence Santé publique France, auprès de 2 698 enfants et 3 157 adultes. Cent cinquante questions ont été posées aux participants sur leurs habitudes et modes de vie, et les consommations détaillées d’aliments et de boissons sur deux ou trois jours ont été recueillies auprès de 4 114 participants.

Des habitudes alimentaires variables et encore trop éloignées des recommandations

Des comportements alimentaires hétérogènes
L’étude INCA3 montre des disparités de comportement alimentaire (taille de la ration alimentaire, type de produits privilégiés…) en fonction du sexe et de l’âge.

Des différences de consommation sont également observées, en fonction du niveau d’études : la consommation de fruits augmente avec le niveau d’études alors que celle des boissons rafraîchissantes sans alcool diminue ; en fonction des régions : la charcuterie est davantage consommée par les habitants du Nord-Ouest et l’est moins par les franciliens. Des différences sont également reportées en fonction de la taille de l’agglomération de résidence, du lieu ou du moment de consommation.

Les apports en sel et fibres
Chez les adultes, les apports en sel sont supérieurs à l’objectif nutritionnel de santé publique fixé par le Programme national nutrition santé (PNNS), puisqu’ils sont actuellement de 9g/j chez les hommes et 7g/j chez les femmes (au lieu de 8g et 6,5 g). Chez les enfants et les adolescents, ils sont estimés respectivement à 4,4g/j et 8,0g/j. Les principaux aliments contributeurs sont les pains, les sandwichs, pizzas et pâtisseries salées, les condiments et sauces, les soupes et les charcuteries.

A l’inverse, les apports en fibres, 20g/j chez les adultes, sont trop faibles par rapport aux recommandations de l’Anses (30g/j chez les adultes). Les enfants et les adolescents ont un apport respectif de 13 et 17g/j. Les principales sources de fibres sont les fruits et légumes ainsi que les produits céréaliers.

La consommation d’aliments transformés
Les aliments transformés regroupent les plats cuisinés et composés de plusieurs aliments, ils peuvent être faits-maison, industriels, de production artisanale et autre (restauration, à emporter…).
L’étude INCA 3 observe une part plus élevée d’aliments transformés dans l’alimentation des français qu’auparavant. Les produits agro-alimentaires industriels représentent la majorité de ces aliments transformés consommés hors restauration (deux tiers chez les enfants et la moitié chez les adultes).

Des comportements alimentaires potentiellement à risque pour la santé

Une consommation de compléments alimentaires en hausse
En comparaison avec les données de l’étude INCA 2, le taux de consommateurs de compléments alimentaires (en incluant les médicaments sources de nutriments) a largement augmenté aussi bien chez les enfants (passant de 12 % à 19 %) que chez les adultes (passant de 20 % à 29 %). Chez ces derniers, une consommation plus importante est notée chez les femmes, les individus âgés de 18 à 44 ans et ceux ayant un niveau d’étude plus élevé. Enfin, même si l’achat des compléments alimentaires s’effectue principalement en pharmacie, l’achat sur internet s’est fortement développé chez les adultes (passant de 1% pour l’étude INCA 2 à 11 % pour cette étude).

Une consommation de denrées animales crues et des pratiques et durées de conservation des denrées alimentaires pas toujours conformes
La consommation de denrées d’origine animale crues a progressé depuis la dernière étude, notamment pour le poisson cru (passant de 15 % à 31 %) et la viande de bœuf crue (passant de 24 % à 30 %). L’Anses rappelle que la cuisson des aliments permet de réduire les charges microbiennes (bactéries, virus, parasites) des denrées alimentaires.

Alors que la température dans la zone la plus froide du réfrigérateur doit être comprise entre 0 et 4 degrés, cette étude montre qu’elle est supérieure à 6°C pour 44 % des ménages, et supérieure à 8°C pour 20 % des ménages.
Enfin, 50 % des ménages déclarent consommer des aliments vendus préemballés (jambon, saumon fumé, viande) après la date limite de consommation (DLC) et deux tiers déclarent consommer des plats cuisinés après la DLC.

Un niveau d’activité physique et un statut pondéral toujours inadaptés
Selon les données de l’étude INCA 3, 13 % des enfants et adolescents et 34 % des adultes sont en surpoids et respectivement 4 % et 17 % sont obèses. Comparativement aux précédentes données, les prévalences du surpoids et de l’obésité sont stables chez les enfants (3 à 14 ans), en revanche on observe une augmentation de la prévalence du surpoids chez les adolescents (15 à 17 ans), et de la prévalence de l’obésité chez les adultes (passant de 12 % à 17 %).

Concernant la pratique d’activité physique, seulement un tiers des adolescents (11 à 17 ans) pratique au moins 60 minutes par jour comme recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De même seulement 63 % des adultes (18 à 79 ans) pratiquent les 150 minutes par semaine recommandées par l’OMS.
Le pourcentage d’individus présentant un comportement sédentaire est de plus en plus alarmant. Environ un quart des enfants (3 à 10 ans), la moitié des adolescents de 11 à 14 ans et les deux tiers des adolescents de 15 à 17 ans passent plus de 3h par jour devant un écran. Depuis l’étude INCA 2, le temps moyen passé quotidiennement devant un écran pour les loisirs a augmenté de 20 min chez les enfants (3 à 17 ans) et de 1h20 chez les adultes.
Enfin, environ un tiers de la population des enfants et des adultes a un comportement associant l’inactivité physique et la sédentarité.*

*Inactivité physique : moins de 60 minutes par jour d’activité physique modérée chez les enfants de 3 à 17 ans et moins de 30 minutes d’activité physique modérée au moins 5 fois par semaine chez les adultes de 18 à 79 ans.
Comportement sédentaire : au moins 3 h de temps d’écran par jour chez les adolescents de 11 à 17 ans et au moins 3 h d’activités sédentaires par jour chez les adultes de 18 à 79 ans.

Une connaissance limitée des repères alimentaires

A l’exception des repères alimentaires sur les fruits et légumes, les viandes, poissons et œufs et les repères sur l’activité physique, cette étude révèle que seule une part minoritaire de la population connaît les repères du PNNS établis en 2001.

Conclusion

L’étude INCA 3 montre des disparités de comportement alimentaire en fonction du sexe, de l’âge et du niveau socio-économique, une consommation d’aliments de plus en plus transformés, l’apparition de nouveaux enjeux en termes de sécurité microbiologique.

Les efforts mis en œuvre dans le cadre de la politique nutritionnelle nationale doivent être renforcés : diminuer la teneur en sel dans les aliments transformés, recommander la consommation d’aliments riches en fibres, alerter sur les éventuels risques de consommation de compléments alimentaires, rappeler des consignes de sécurité alimentaire, promouvoir l’activité physique.

Enfin, la communication des messages de santé publique doit notamment tenir compte de l’hétérogénéité des comportements alimentaires mise en évidence dans cette étude, afin d’émettre des recommandations toujours plus en adéquation avec les habitudes des Français.