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Part des cancers attribuables aux facteurs nutritionnels dans la population

En santé publique, il est important d’évaluer le poids relatif de différents facteurs de risque impliqués dans la survenue d’une maladie, afin de définir des objectifs de prévention prioritaires. Ainsi, la part des cancers attribuables aux facteurs nutritionnels peut être estimée dans des populations données.

En pratique, dans la population choisie, l’impact d’un facteur de risque nutritionnel, associé au risque de cancer avec un niveau de preuve convaincant ou probable, est mesuré par le calcul de la part (ou fraction) de cancers attribuable à ce facteur. La fraction attribuable à des facteurs de risque représente approximativement la part des cancers qui aurait été évitée si la population n’avait pas été exposée à ces facteurs de risque.

Pour un cancer donné, la part attribuable est calculée à partir :

  • de la proportion de la population exposée durant un temps défini au facteur de risque (ex : pourcentage de consommateurs d’alcool en 2005) ;
  • de l’estimation du risque de cancer associé au facteur de risque (ex : augmentation de X % du risque de cancer colorectal chez les buveurs par rapport aux non-buveurs) ;
  • du nombre de cas observés durant un temps défini dans la population, en considérant un temps de latence entre l’exposition et la survenue de la maladie (ex : nombre de nouveaux cancers en 2015, soit 10 ans après la mesure de l’exposition à l’alcool en 2005).

Si le risque est faible ou modéré mais associé à une forte proportion de personnes exposées dans la population, la fraction attribuable peut être élevée. Généralement, les parts attribuables à différents facteurs de risque (ou de protection) ne s’additionnent pas, au sein d’une même étude et a fortiori lorsqu’elles proviennent d’études et de populations différentes.

Estimation de la part des cancers attribuables aux facteurs nutritionnels dans la population Française

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a réalisé une estimation de la proportion des cancers liés aux principaux facteurs de risque en France métropolitaine en 2015[1]. Au total, 13 facteurs considérés comme (probablement ou certainement) cancérogènes pour l’homme ont été étudiés : le tabagisme (actif et passif), l’alcool, l’alimentation (par exemple, faible consommation de fruits, légumes et fibres, et consommation importante de viande transformée), le surpoids et l’obésité, une activité physique insuffisante, l’utilisation d’hormones exogènes, les infections, les radiations ionisantes, la pollution atmosphérique, le rayonnement solaire (UV), les expositions professionnelles, une durée d’allaitement de moins de 6 mois, et l’exposition aux substances chimiques de la population générale (arsenic dans l’eau de boisson et benzène dans l’air intérieur). 

Selon les conclusions de ce rapport, en France, 40 % des cancers observés en 2015 sont liés au mode de vie et à l’environnement. Parmi les quatre principales causes de cancer évitables, trois concernent la nutrition : le tabac arrive en tête avec 20 % des cancers attribuables, puis l’alcool avec 8 %, et l’alimentation déséquilibrée ainsi que le surpoids et l’obésité avec 5,4 % chacun.

De plus, l’insuffisance d’activité physique et l’allaitement maternel insuffisant seraient responsables respectivement de 0,9 % et 0,5 % des nouveaux cas de cancers.

Part des cancers liés aux facteurs de risque nutritionnels

Facteurs de risque évitables_CIRC2018

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Cet exercice présente toutefois des limites :

  • Ces résultats reposent sur les connaissances actuelles des liens entre facteurs associés au mode de vie et à l’environnement et risque de cancer. Ils ne tiennent compte que des facteurs de risque et des localisations de cancer associés pour lesquels le lien de causalité est déjà scientifiquement bien établi.
  • La France n’ayant pas de registre national des cancers, les données d’incidence résultent d’une estimation à partir des registres départementaux existants.

Références

[1] IARC (2018). Les cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France métropolitaine. Lyon: International Agency for Research on Cancer. Disponible sur : http://gco.iarc.fr/resources/paf-france_fr.php (consulté le 17/09/2018)

Pour en savoir plus, consulter l'actualité concernant le rapport, publiée le 30/08/2018.