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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Exposition de la population française aux principaux facteurs de risque de cancer ou de protection

Les données d'exposition de la population française aux différents facteurs nutritionnels sont prises en compte pour définir les objectifs de prévention nutritionnelle des cancers. Sont présentées ici les données concernant les facteurs nutritionnels considérés comme pertinents pour la population française. Lorsque l’information est disponible, ces données sont détaillées en fonction de l'âge, du sexe ou du statut socio-économique.

Les données d’exposition de la population française présentées ici sont extraites de plusieurs études et rapports provenant d’Agences nationales de santé :

  • Baromètre Santé « Alcool » 2017 de Santé publique France [1, 2]
  • Volet Nutrition de l’Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (ESTEBAN 2014-2016) de Santé publique France et de l’Université Paris 13 [3, 4, 5, 6].
  • Etude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA 3) de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) [7].

Les facteurs nutritionnels présentés sont les principaux facteurs augmentant ou diminuant le risque de cancer auxquels la population française est exposée. Ils font l'objet d’objectifs et de conseils clés proposés par l’Institut National du Cancer (INCa) pour la prévention primaire des cancers [8].

 

Pour en savoir plus :

Voir la page Objectifs prioritaires pour la prévention nutritionnelle des cancers
Télécharger le dépliant Manger, boire, bouger : comment réduire son risque de cancer ? (également disponible pour la population d'Outre-mer)

SOMMAIRE

1. Exposition aux principaux facteurs augmentant le risque de cancers en France

2. Exposition aux principaux facteurs réduisant le risque de cancers en France

3. Références

1. Exposition aux principaux facteurs augmentant le risque de cancers en France

Consommation d'alcool (boissons alcoolisées)

La consommation d’alcool diminue depuis les années 1960, essentiellement en lien avec la diminution de la consommation de vin. En 2017, elle est estimée d’après les données de ventes à 11,7 litres d’alcool pur par habitant de 15 ans et plus, ce qui représente environ 2,5 verres standard par jour. Le vin est l’alcool le plus consommé, devant les spiritueux et la bière (figure 1) [9].
Toutefois, la France reste l’un des pays les plus consommateurs d’alcool dans le monde et dans l’Union européenne même si elle ne se situe plus en tête du classement.

Figure 1 : Consommation d'alcool sur le territoire français en litres d'alcool pur par habitant âgé de 15 ans et plus (1961-2017)

      

Graphique consommation d'alcool 2017

Source : Organisation mondiale de la santé entre 1961 et 1989, groupe IDA de 1990 à 1999, Insee de 2000 à 2017

Les comportements de consommation d’alcool sont très différents selon l’âge et le sexe. Parmi les 18-75 ans, la consommation est plus importante chez les hommes, et plus la fréquence de consommation augmente, plus l’écart entre les sexes est important. Ainsi, les hommes sont trois fois plus nombreux à boire de l’alcool quatre à six fois par semaine (hommes : 8 % ; femmes : 3 %) ou tous les jours (hommes : 15 % ; femmes : 5 %).

Concernant les modes de consommation, on observe un profil de jeunes adultes ayant une consommation excessive et ponctuelle les conduisant plus souvent à l’ivresse, et un profil d’adultes plus âgés ayant une consommation importante et régulière :

  • la consommation quotidienne d’alcool concerne un quart des individus au-delà de 65 ans, contre 2 % des moins de 25 ans.
  • A l’inverse, plus de la moitié de ces derniers déclarent avoir eu une alcoolisation ponctuelle importante* au cours des 12 derniers mois, contre 20 % des plus de 65 ans [1].

*Plus de six verres d’alcool en une seule fois

La consommation d'alcool est généralement estimée en nombre de verres par jour. Cette estimation est le reflet d'une consommation moyenne calculée par rapport aux déclarations des sujets inclus dans les études. Le verre standard est normalisé et correspond à environ 10 g d'éthanol pur quelle que soit la boisson alcoolisée consommée :

        

Dosage alcool

En 2017, un nouveau repère de consommation d’alcool a été émis conjointement par Santé publique France et l’INCa. Ce repère vise à limiter les risques sur la santé [10].

Ce repère est constitué de trois dimensions :

  1. ne pas consommer plus de 10 verres standard par semaine ;
  2. pas plus de 2 verres standard par jour ;
  3. avoir des jours dans la semaine sans consommation.

Consommation d’alcool : situation des adultes français de 18-74 ans

           

Expo France-Illustration alcool

Plus précisément, pour hommes et femmes confondus : 19 % boivent plus de 2 verres d’alcool en une journée, 10 % boivent plus de 10 verres d’alcool par semaine et 8 % consomment de l’alcool plus de 5 jours par semaine.
Source : Baromètre Santé « Alcool » 2017

Surcharge pondérale (poids et obésité)

La surcharge pondérale qui regroupe le surpoids et l’obésité est généralement estimée par l’indice de masse corporelle (IMC), indicateur calculé par le rapport poids (kg)/taille² (m²).

 

Principales catégories d’IMC et correspondance en poids pour deux exemples de taille chez l’adulte entre 18 et 65 ans.

 

Principales catégories d'IMC (kg/m²)

Poids (en kg) pour deux exemples de taille

1,65 m

1,75 m

Poids insuffisant

IMC < 18,5

poids < 50

poids < 56

Poids normal

18,5 ≤ IMC < 25

50 ≤ poids < 68

56 ≤ poids < 76

Surcharge pondérale

Surpoids

25 ≤ IMC < 30

68 ≤ poids < 81

76 ≤ poids < 91

Obésité

IMC ≥ 30

poids ≥ 81

poids ≥ 91

L’adiposité abdominale (mesurée par le tour de taille ou par le rapport tour de taille/tour de hanches) est un autre indicateur utilisé pour caractériser la corpulence.

 

Adiposité abdominale et risque de complication métabolique, d’après l’Organisation mondiale de la santé [11]

 

Indicateurs

Seuils à risque pour l’adiposité abdominale

Risque de complication métabolique

Tour de taille

≥ 94 cm (homme)
≥ 80 cm (femme)

Accru

≥ 102 cm (homme)
≥ 88 cm (femme)

Considérablement accru

Rapport tour de taille/tour de hanches

> 1,0 (homme)
> 0,85 (femme)

Considérablement accru

La surcharge pondérale a augmenté depuis les années 1990 dans la population adulte vivant en France, et cette progression a été encore plus notable pour l’obésité. La surcharge pondérale est stable depuis une dizaine d’années, mais elle reste un problème de santé publique y compris à l’égard du risque de cancer.

Actuellement, d’après les enquêtes reposant sur des données de poids et taille mesurées, près de la moitié des adultes sont en surcharge pondérale, parmi lesquels 32 % sont en surpoids et près de 17 % obèses. La prévalence du surpoids est plus élevée chez les hommes que chez les femmes alors que celle de l’obésité est sensiblement identique pour les deux sexes. Les prévalences du surpoids et de l’obésité augmentent fortement avec l’âge, avec une stabilisation à partir de 40 ans chez les femmes [3].

Surpoids et obésité : situation des adultes français de 18-74 ans

           

Expo France-Illustration corpulence

Source : Esteban 2015

Des différences socioéconomiques et régionales existent. La prévalence de l’obésité est inversement proportionnelle au niveau d’étude : les personnes les moins diplômées sont plus fréquemment en situation d’obésité, avec un niveau d’obésité plus sévère [3]. De même, pour les femmes, les employées et les ouvrières présentent les prévalences les plus élevées et les cheffes d’entreprises et professions intermédiaires les plus faibles. Le Nord et l’Est de la France sont les régions où la prévalence de l’obésité est la plus élevée [7].

Consommation de viandes rouges et charcuteries 

Définitions dans les études épidémiologiques

Les viandes rouges correspondent généralement à l’ensemble des viandes de boucherie : viandes de bœuf, de porc, de veau, d’agneau, de cheval et autres types de viandes (mouton, chèvre…). Selon les études, elles peuvent inclure ou non la part de ces viandes présentes dans les plats et salades composés, les sandwichs/burgers/friands.

 

Les charcuteries correspondent aux viandes conservées par fumaison, séchage, salage (y compris le jambon). Selon les études, elles peuvent inclure celles contenues dans les plats et salades composés, les sandwichs, les tartes salées… Dans les études anglo-saxonnes, les charcuteries sont englobées dans une catégorie plus large nommée « viandes transformées » incluant également les viandes en conserve.

Selon les nouvelles recommandations nutritionnelles 2019 de Santé publique France, diffusées dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS) [12], il est recommandé de limiter sa consommation de viande rouge à 500 g/semaine, en privilégiant les volailles, et de limiter sa consommation de charcuterie à 150 g/semaine.
En France, par rapport à ces repères, 32 % des 18-54 ans mangent trop de viandes rouges* et 63 % mangent trop de charcuteries [6].

D’après les données de l’étude INCA3 [7], en 2014, la moyenne de consommation de viandes rouges** chez les adultes de 18 à 79 ans vivant en France est de 47 g/jour soit 329 g par semaine. Elle est plus importante chez les hommes (428 g/semaine) que chez les femmes (239 g/semaine). La consommation moyenne de charcuteries est de 27 g/jour soit 189 g par semaine, 239 g chez les hommes et 146 g chez les femmes.

Des différences socioéconomiques et régionales existent. La consommation de viande rouge contribue davantage à la ration alimentaire des personnes ayant un faible niveau d’étude. Le taux de consommateurs et la quantité de charcuterie consommée est plus faible en Ile-de-France par rapport aux régions Nord-Ouest, Sud-Est et Sud-Ouest [7].

*Dans l’étude ESTEBAN 2015, les « viandes rouges » incluent les viandes de bœuf, veau, porc, agneau, mouton, gibier, abats.
**Dans l’étude INCA 3, les « viandes rouges (ou hors volaille) » incluent les viandes de bœuf, de veau, de porc, de mouton, d’agneau, de cheval, lapin, sanglier, chevreuil, biche, cerf, bison, kangourou ; brochettes, paupiettes, escalopes panées, viandes façon Rossini consommées en tant que telles.

Consommation de viande rouge et de charcuteries : situation des adultes français de 18-54 ans

         

Expo France-Illustration viande rouge
Expo France-Illustration charcuterie

Source : Esteban 2015

Consommation de sel et aliments salés

Les apports alimentaires en sel (chlorure de sodium) peuvent avoir plusieurs origines : la consommation de sel de table (ajout pendant la cuisson ou pendant le repas), d’aliments naturellement salés et d’aliments salés au cours de la transformation incluant la conservation par salaison. Si la consommation d’aliments conservés par salaison est importante dans certains pays tels que le Japon ou le Portugal, ce n’est pas le cas en Amérique du Nord et dans la plupart des pays d’Europe, notamment en France.

Selon les nouvelles recommandations nutritionnelles 2019 de Santé publique France, diffusées dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS) [12], il est recommandé de réduire sa consommation de sel (pas plus de 6 g par jour maximum pour un adulte). En France, d’après l’étude ESTEBAN, chez les adultes, la moyenne des apports totaux en sel en 2015 est estimée à 8,1 g/jour [4].

Les hommes ont des apports supérieurs à ceux des femmes : 9,2 g/jour contre 7,1 g/jour.  Deux tiers des hommes et un quart des femmes ont des apports supérieurs à 8 g/jour, et près d’un tiers des hommes peuvent être considérés comme des grands consommateurs de sel (plus de 10 g de sel par jour). Ces fréquences ne varient pas avec l’âge chez les adultes, ni avec le niveau de diplôme pour les hommes. En revanche, les femmes déclarant un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat ont une plus faible consommation par rapport à celles ayant un niveau de diplôme plus élevé. En France, parmi les adultes de 18-54 ans, 79 % consomment plus de 6 g de sel par jour[4, 6].

Consommation de sel : situation des adultes français de 18-54 ans

          

Expo France-Illustration sel

Source : Esteban 2015

En dix ans, entre 2006 et 2015, la proportion de femmes respectant le repère de consommation (6 g/jour) a diminué de 38 % et la proportion de femmes consommant plus de 10 g de sel par jour a fortement augmenté (+ 107 %). Dans le même temps, chez les hommes, la proportion de très grands consommateurs (≥ 12 g/jour) a augmenté de 32 % [4].

En France, le sel consommé provient principalement des produits transformés : pains et biscottes, charcuteries, plats préparés du commerce, soupes déshydratées, fromage [7].

Consommation de compléments alimentaires à base de bêta-carotène

D'après la directive européenne 2002/46/CE, les compléments alimentaires sont « les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés, commercialisés sous forme de doses, à savoir les formes de présentation telles que les gélules, les pastilles, les comprimés, les pilules et autres formes similaires, ainsi que les sachets de poudre, les ampoules de liquide, les flacons munis d'un compte-gouttes et les autres formes analogues de préparations liquides ou en poudre destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité ».

 

Ils sont constitués d’un ou de plusieurs composés parmi lesquels peuvent figurer les vitamines, minéraux, extraits de végétaux, acides aminés ou acides gras.

 

Le bêta-carotène est un pigment de la famille des caroténoïdes, précurseur de la vitamine A.

 

En France, d’après l’arrêté du 6 mai 2006, la quantité de bêta-carotène apportée par les compléments alimentaires ne doit pas dépasser 800 µg d’équivalent rétinol par jour, c’est-à-dire 4,8 mg/jour de bêta-carotène (si l’on considère un facteur de conversion 1/6 pour le passage du rétinol alimentaire en vitamine A).

D’après l’enquête représentative de la population française INCA3 de 2017, 29 % des adultes français ont consommé au moins un complément alimentaire au cours de l’année précédant l’enquête. Chez les adultes de 18 à 44 ans, la fréquence de consommation est de 32 % [7]. Les femmes sont presque deux fois plus nombreuses que les hommes à consommer des compléments alimentaires. La consommation augmente avec le niveau d’étude et ce plus nettement chez les femmes.

Dans une étude publiée en 2013 sur près de 80 000 adultes français participant à la cohorte Nutrinet-Santé (75 % de femmes), 1,7 % consomment des compléments alimentaires à base de bêta-carotène. Cette proportion n’est pas plus faible chez les fumeurs (par rapport aux non-fumeurs ou ex-fumeurs) [13]. Cette étude, non représentative de la population française car basée sur une cohorte de volontaires, est la seule à présenter des données récentes spécifiques sur la consommation de compléments alimentaires à base de bêta-carotène.

2. Exposition aux principaux facteurs réduisant le risque de cancers en France

Pratique d'activité physique

L’activité physique se définit par tout mouvement corporel produit par la contraction des muscles squelettiques entraînant une augmentation de la dépense énergétique supérieure à celle de la dépense de repos. L’activité physique au sens large inclut tous les mouvements effectués dans la vie quotidienne et ne se réduit pas à la seule pratique sportive, qu’elle soit de loisir ou de compétition. Elle intègre également l’activité physique pratiquée dans le cadre de la vie professionnelle, de la vie courante (activités ménagères, jardinage…) ou des transports [8, 14].

L’activité physique est en général exprimée par son intensité en unité d’équivalent métabolique (MET), sachant qu’1 MET correspond à la dépense énergétique d’un individu au repos, assis (estimée à environ 1 kcal par kg de poids corporel par heure). Ainsi, différentes intensités d’activité physique sont définies [3] :

  • très faible intensité : 1 à 1,5 MET ;
  • faible intensité : 1,6 à moins de 3 MET ;
  • intensité modérée : 3 à moins de 6 MET ;
  • intensité forte (ou soutenue) : 6 MET et plus.

Le niveau d’activité physique (bas, modéré, élevé) fait référence à la dépense énergétique totale d’une personne au cours d’une certaine période, déterminée par la combinaison de l’intensité, de la durée et de la fréquence des différents types d’activité physique pratiqués.

Niveaux d’activité physique

Définitions des classes

Niveau « élevé »

Cumuler 3 jours ou plus d’activité physique intense par semaine, permettant d’atteindre au minimum 1500 MET minutes/semaine ;

Ou réaliser au moins une activité physique modérée ou intense chaque jour de la semaine, permettant d’atteindre un minimum de 3000 MET minutes/semaine.

Niveau « modéré »

Cumuler 3 jours ou plus par semaine avec une activité physique intense d’au moins 25 minutes/jour ;

Ou cumuler 5 jours ou plus par semaine avec une activité physique modérée d’au moins 30 minutes/jour ;

Ou cumuler 5 jours ou plus par semaine avec une activité physique modérée ou intense, permettant d’atteindre un minimum de 600 MET minutes/semaine.

Niveau « bas »

Absence d’activité physique ;

Ou niveau d’activité physique ne permettant pas d’atteindre les critères précédents.

La sédentarité correspond aux situations passées en position assise ou allongée (en dehors de la période de sommeil et de repas). Elle est caractérisée par des activités d’intensité proche de la dépense énergétique de repos, c’est-à-dire d’intensité très faible (de 1 à 1,5 MET). La sédentarité est distincte de l’inactivité physique qui représente le manque d’activité physique d’intensité au moins modérée (≥ 3 MET). Les études montrent que la sédentarité et l’inactivité physique joueraient un rôle indépendant sur la santé [5].

Niveaux de sédentarité

Définition des classes

Niveau « élevé »

Durée des activités sédentaires > 7 heures/jour

Niveau « modéré »

Durée des activités sédentaires de 3 à 7 heures/jour

Niveau « bas »

Durée des activités sédentaires < 3 heures/jour

Selon l’étude ESTEBAN [5], en France en 2015, 62 % des adultes de 18 à 74 ans ont un niveau d’activité physique « modéré » ou « élevé » (cf. définitions), équivalant aux recommandations internationales pour le maintien de la santé, à savoir au moins 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée par jour cinq jours par semaine [14].

Cette proportion varie selon le sexe : 70 % des hommes sont physiquement actifs contre 53 % des femmes. Elle varie aussi avec l’âge puisque le niveau « élevé » d’activité physique diminue avec l’âge, pour les deux sexes, au profit d’une activité physique « modérée ». Elle ne varie pas avec le niveau de diplôme. Néanmoins, les personnes les plus diplômées s’engagent plus dans une pratique d’activité physique de niveau « élevé » que les moins diplômées, aussi bien chez les hommes que chez les femmes [5].

Niveau d’activité physique : situation des adultes français de 18-74 ans

        

Expo France-Illustration activité physique

Source : Esteban 2015

Concernant les activités sédentaires, en France, les adultes passent en moyenne 6 heures 35 minutes par jour dans des activités sédentaires, ainsi 89 % ont un niveau de sédentarité « modéré » ou « élevé ». Ce taux de sédentarité concerne l’ensemble de la population adulte, quels que soient le sexe, l’âge ou le niveau de diplôme. Par ailleurs, 80 % des adultes passent 3 heures/jour ou plus devant un écran en dehors de toute activité professionnelle. Toutefois, parmi les personnes déclarant un niveau de sédentarité « élevé », 60 % des hommes et 44 % des femmes atteignent les recommandations d’activité physique [5].

En France, la recommandation d’activité physique pour le maintien de la santé, diffusée dans le cadre du Programme national nutrition santé depuis 2001 et actualisée en 2019 [12], est de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes d’activités physiques dynamiques par jour (soit 210 min/semaine), c’est-à-dire d’intensité au moins équivalente à celle de la marche rapide. Pour plus de bienfaits sur la santé, il est également recommandé de faire deux fois par semaine des activités de renforcement musculaire, d’assouplissement et d’équilibre, et de réduire le temps passé assis.

Consommation de fruits et légumes

Les fruits et légumes regroupent les fruits et les légumes frais, surgelés, en conserve, crus et cuits.
Les fruits n’incluent pas les noix, les graines et les fruits secs.
Les légumes n’incluent pas les pommes de terre ni les légumes secs.

Selon les nouvelles recommandations nutritionnelles 2019 de Santé publique France, diffusées dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS) [12], il est recommandé de manger au moins 5 fruits et légumes par jour, par exemple 3 portions de légumes et 2 portions de fruits par jour (la taille moyenne d’une portion de fruits et légumes étant de 80 g).

En France, d’après l’étude INCA3, la consommation de fruits et légumes (potages et compotes inclus) des adultes est en moyenne de 374 g/jour [7]. Plus de la moitié des adultes (58 %) consomment moins de 5 portions de fruits et légumes par jour. Près de 37 % des adultes sont des « petits consommateurs » : ils consomment moins de 3,5 portions par jour de fruits et légumes (280 g/jour) [4].

Consommation de fruits & légumes : situation des adultes français de 18-74 ans

       

Expo France-Illustration fruits et légumes

Source : Esteban 2015

Si ces fréquences diffèrent relativement peu selon le sexe, elles varient très fortement selon l’âge (la consommation de fruits et légumes augmentant avec l’âge) ou selon le niveau de diplôme (les niveaux baccalauréat à « Bac +3 » en consomment plus que les moins diplômés), et la catégorie socio-professionnelle (les cadres et professions intermédiaires sont plus nombreux à consommer des fruits que les ouvriers) [4,7].

D’après les données individuelles de consommation disponibles, la proportion d’adultes mangeant au moins 5 portions de fruits et légumes par jour n’a pas évolué depuis 2006, une diminution est même observée chez les hommes de 55-74 ans et les femmes de 18-39 ans. De même, la proportion de petits consommateurs n’a pas évolué [4].

Par ailleurs, chez les adultes en situation de précarité, d’après l’étude ABENA, la proportion des petits consommateurs atteint près de 84 % [15].

Consommation de fibres alimentaires

Les fibres alimentaires regroupent des polymères glucidiques (degré de polymérisation supérieur ou égal à 3) d’origine végétale, associés ou non dans la plante, à de la lignine ou à d’autres constituants non glucidiques (polyphénols, cires, saponines, cutine, phytates, phytostérols...) et des polymères glucidiques transformés (physiquement, enzymatiquement ou chimiquement) ou synthétiques. En outre, les fibres alimentaires ne sont ni digérées, ni absorbées dans l’intestin grêle.

 

Elles présentent au moins une des propriétés suivantes :

 

  • augmentation de la production des selles ;
  • stimulation de la fermentation colique ;
  • diminution de la cholestérolémie à jeun ;
  • diminution de la glycémie et/ou de l’insulinémie post-prandiale(s) (après le repas).

La moyenne de consommation de fibres de la population adulte en France est de 17,5 g/jour (18,9 g chez les hommes et 16,1 g chez les femmes). Seuls 17,1 % des hommes et 8,3 % des femmes atteignent le seuil de 25 g/jour (minimum recommandé) [4]

En dehors des différences entre hommes et femmes, les apports en fibres augmentent avec l’âge mais ne différent pas selon le niveau de diplôme. En dix ans, la proportion d’adultes ayant des apports supérieurs ou égaux à 25 g par jour n’a pas évolué [4]

Consommation de fibres : situation des adultes français de 18-74 ans

         

Expo France-Illustration fibres

Source : Esteban 2015

Les aliments qui contribuent le plus à l’apport en fibres dans l’alimentation des Français sont le pain, les légumes et les fruits. Les légumes secs et les aliments complets (pain complet, pâtes complètes, riz complets…), bien que riches en fibres, sont assez peu consommés par les Français [7].

Consommation de produits laitiers

Tels que définis par le PNNS, les produits laitiers regroupent le lait et les boissons à base de lait, les yaourts, les petits suisses, les fromages blancs et les fromages (frais, affinés…).
Une portion de produits laitiers correspond à 150 mL de lait ou 125 g de yaourt ou 30 g de fromage.

Selon les nouvelles recommandations nutritionnelles 2019 de Santé publique France, diffusées dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS) [12], il est recommandé de manger 2 produits laitiers par jour. En France, seulement 27 % des adultes de 18-54 ans (24 % chez les hommes et 30 % chez les femmes) ont une consommation en adéquation avec la recommandation du PNNS [6].

En 2014 en France, les adultes ont consommé environ 183 g/jour de produits laitiers (lait, ultra frais laitier et fromage) [7]. Parmi les 18-74 ans, un tiers consomment 1,5 portion par jour ou moins. Cette faible consommation concerne davantage les femmes que les hommes [4].

Consommation de produits laitiers : situation des adultes français de 18-54 ans

       

Expo France-Illustration produits laitiers

Source : Esteban 2015

La consommation de produits laitiers augmente avec l’âge, et les sources de produits laitiers différent selon le sexe : les femmes consomment davantage de yaourts et fromages blancs (82 g/j contre 72 g/j).

Des différences socioéconomiques et régionales existent : en particulier pour les yaourts et fromages blancs, la consommation est influencée positivement par le niveau d’étude, et le taux de consommateurs est plus faible dans la région Nord-Est [7].

Pratique de l'allaitement

En 2012, plus des deux tiers des nourrissons (69 %) en France reçoivent du lait maternel à la maternité (60 % de façon exclusive et 9 % en association avec des formules lactées). Dès l’âge d’un mois, ils ne sont plus que la moitié (54 %) à être allaités et seulement 35 % de façon exclusive [16]. À trois mois 39 % des enfants sont encore allaités (10 % de façon exclusive), à six mois 25 %, et à un an seuls 9 % le sont toujours [17].

Le pourcentage de mères qui allaitent augmente notamment avec l’âge, un niveau d’études supérieur au baccalauréat, le fait d’être née à l’étranger ou de savoir que son conjoint a une perception positive de la femme qui allaite [16].

3. Références

[1] Richard JB, Andler R, Cogordan C, Spilka S, Nguyen-Thanh V, et le groupe Baromètre de Santé publique France 2017. La consommation d’alcool chez les adultes en France en 2017. Bull Epidémiol Hebd. 2019;(5-6):89-97. <www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 07.11.2019).

[2] Andler R, Richard JB, Cogordan C, Deschamps V, Escalon H, Nguyen-Thanh V et le groupe Baromètre de Santé publique France 2017. Nouveau repère de consommation d’alcool et usage : résultats du baromètre de santé publique France 2017_BEH 2019_N°10-11. Disponible sur : <www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 07.11.2019).

[3] Santé publique France. Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban) 2014-2016. Volet Nutrition. Chapitre Corpulence. 2017. Disponible sur : <www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 07.11.2019)

[4] Santé publique France. Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban) 2014-2016. Volet nutrition. Chapitre Consommations alimentaires. 2018. Disponible sur : <www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 07.11.2019).

[5] Santé publique France. Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban) 2014-2016. Volet nutrition. Chapitre Activité physique et sédentarité. 2018. Disponible sur : <www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 07.11.2019).

[6] Torres MJ, Salanave B, Verdot C, Deschamps V. Adéquation aux nouvelles recommandations alimentaires des adultes âgés de 18 à 54 ans vivant en France. Étude Esteban 2014-2016. Volet Nutrition - Surveillance épidémiologique. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2019. 8 p. Disponible sur : <www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 07.11.2019).

[7] Étude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA 3). Avis de l’Anses. Rapport d’expertise collective. Disponible sur : <www.anses.fr> (Consulté le 10.09.2019).

[8] Brochure ''Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids'' INCa 2015 - Mise à jour en mars 2019. Disponible sur : <www.e-cancer.fr> (Consulté le 10.09.2019).

[9] OFDT. Alcool : évolution des quantités consommées par habitant. Séries statistiques. OFDT, 2017. Disponible sur : <http://www.ofdt.fr> (Consulté le 10.09.2019)

[10] Santé publique France et INCa. Avis d'experts relatif à l'évolution du discours public en matière de consommation d'alcool en France. Mai 2017. Disponible sur : <https://www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 10.09.2019)

[11] WHO. Obesity: Preventing and Managing the Global Epidemic. Report of a WHO Consultation on Obesity. Geneva, World Health Organization. 2000. Disponible sur : <http://www.who.int> (Consulté le 10.09.2019).

[12] Santé publique France. Recommandations relatives à l’alimentation, à l’activité physique et à la sédentarité pour les adultes. 2017. Disponible sur : <https://www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 10.09.2019).

[13] Pouchieu C, Andreeva VA, Peneau S, Kesse-Guyot E, Lassale C, Hercberg S, et al. Sociodemographic, lifestyle and dietary correlates of dietary supplement use in a large sample of French adults: results from the NutriNet-Sante cohort study. Br J Nutr. 2013 Oct;110(8):1480-91.

[14] OMS. Recommandations mondiales sur l'activité physique pour la santé. 2010. Disponible sur : <www.who.int> (Consulté le 07.11.2019)

[15] Grange D, Castetbon K, Guibert G, Vernay M, Escalon H, Delannoy A, et al. Alimentation et état nutritionnel des bénéficiaires de l'aide alimentaire - Etude ABENA 2011-2012 et évolutions depuis 2004-2005 Observatoire régional de la santé Ile de France - Institut de Veille Sanitaire - Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé. 2013. Disponible sur : <www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 10.09.2019).

[16] Salanave B, de Launay C, Guerrisi C, Castetbon K. Taux d’allaitement maternel à la maternité et au premier mois de l’enfant. Résultats de l’étude Épifane, France. Bull epidémio Hebd. 2012;34:383-87. Disponible sur : <www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 10.09.2019).

[17] Salanave B, de Launay C, Boudet-Berquier J, Castetbon K. Durée de l'allaitement maternel en France (EPIFANE 2012-2013). Bull epidémio Hebd. 2014;27:450-7. Disponible sur : <www.santepubliquefrance.fr> (Consulté le 07.11.2019).